Volcanologie, Mexique et Expéditions Volcaniques
11 Décembre 2012
Le volcan le plus actif du Mexique, c’est lui!!
Le Fuego de Colima culmine à environ 3890m et est accolé au volcan Nevado de Colima, plus haut (4340m), mais plus ancien et profondément érodé. L’activité typique du volcan alterne des phases effusives qui produisent de volumineuses coulées de lave en bloc et des phases plus explosives avec explosions vulcaniennes et petites coulées pyroclastiques. La caractéristique principale du volcan, est la production, très fréquente à l’échelle des temps géologiques, d’effondrements massifs de tout l’édifice volcanique, en colossales avalanches de débris. Ces événements (aussi appelés éruptions de type Saint Helens) se sont produits au moins sept fois au cours des vingt derniers millénaires. Ils ont laissé une plaine parsemée de rochers et de collines caractéristiques appelée « hummocks » qui s’étend jusqu’au Pacifique. La ville de Colima (600000 habitants) est construite sur les dépôts de ces avalanches de débris. La récurrence élevée de tels phénomènes est une conséquence de l’exceptionnel taux de production magmatique de ce volcan, dont l’altitude a cru de plus de cent mètres au cours du XXème siècle.
La dernière phase explosive du volcan, en 2005 a été observée par mon ami Alain Melchior de Lave-Belgique (ses photos et impressions sont sur ce lien). Depuis son passage un dôme a poussé lentement dans le cratère laissé par les explosions vulcaniennes. Une dernière explosion a partiellement détruit le sommet du dôme en juin 2011, et depuis le volcan est en sommeil. Ce sommeil inquiète les volcanologues qui surveillent le Fuego de Colima, parce que la dernière éruption plinienne du volcan (en 1913) avait été précédée d’un sommeil semblable.
J’étais venu au Fuego de Colima en novembre 2008, à l’époque, le dôme de lave était en croissance et produisait plusieurs fois par jour des dégazages intenses, un peu à la manière de ce qu’on peut voir sur le Santiaguito au Guatemala. Une partie des photos illustrant ce post viennent donc de mes archives, les autres, les photos du survol, sont encore chaudes.
Lors de ma première visite, dans le cadre du workshop sur les gaz volcaniques en novembre 2008, j'avais pu me rendre sur le flanc N du volcan, et marcher sur l'épaisse coulée de 2004
Vue aérienne du volcan, depuis l'Est. A l'avant plan, le "volcancito", un cône latéral de l'éruption de 1869