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Robin des volcans

Robin des volcans

Volcanologie, Mexique et Expéditions Volcaniques

Publié le par Robin Campion

Les Iles Kouriles sont un archipel de 56 iles entièrement volcaniques situées entre la pointe sud du Kamchatka et le Nord du Japon. Seules 5 d’entre elles sont habitées et la population totale ne dépasse pas 10000 personnes. Les vents y soufflent souvent avec une force terrifiante, tempêtes polaires descendues de l’Arctique par le delta de Béring, typhons remontés depuis les Philippines ou simplement vents générés par les contrastes thermiques entre l’immense océan pacifique et la non-moins-immense steppe russe. Et quand les vents ne soufflent pas, des brouillards pluvieux et froids, enveloppent l’océan et les iles, réduisant la visibilité à moins de 100 mètres. En hiver, de 3 à 6 mètres de neige s’accumulent, et les maisons ont toutes une entrée au deuxième étage qui officie entre novembre et mai.

Peuplées de chasseurs-cueilleurs primitifs depuis environ 1500 ans, les Kouriles furent colonisées par les Russes à la fin du XVIIIème siècle, cédées au Japon en 1905 au terme de la guerre Russo-Japonaise, puis reconquises par l’Union Soviétique quelques jours avant la fin de la deuxième guerre mondiale. Le Japon contesta longtemps ce coup de Jarnac géostratégique infligé par le rusé Staline, lequel s’empressa d’y installer des bases militaires et fit envoyer par le fond bon nombre de chalutiers japonais attirés par les eaux très poissonneuses de l’archipel.  L’éloignement, la rudesse du climat, et la géopolitique ont donc tous contribué à maintenir les îles à l’écart du tourisme et de l’exploration volcanologique.

C’est pour combler cette lacune dans nos connaissances que Youri Taran, volcanologue Russe travaillant à Mexico, a mis sur pied en 2014 un projet de recherches volcanologique et géochimique. Youri a participé dans les années 1970 et 1980 aux explorations des îles réalisées par les géologues Soviétiques et souhaitait, avant son départ à la pension, poursuivre ses explorations et finaliser ce travail initié il y a quarante ans. Contre toute attente, le projet, prévu pour une durée initiale de 3 ans, fut financé par la puissante Académie des Sciences de Russie et par le Deep Carbon Observatory, une fondation philanthropique Américaine. Son but est de quantifier les émissions volcaniques de gaz et de certains métaux pour comprendre comment ces éléments sont recyclés à partir des sédiments marins entrainés dans le manteau par la subduction de la plaque pacifique sous la plaque eurasiatique. Deux campagnes ont déjà eu lieu au cours des étés 2015 et 2016, et pour cette année, il reste au programme les iles les plus reculées et les volcans les plus inaccessibles. Berg, Chirpoy, Ketoy et Chirinkotan. Youri, qui j’ai accompagné souvent sur le terrain et qui connait mon intérêt pour les volcans reculés et «difficiles», m’a invité cette année à contribuer à cette campagne par des mesures flux de SO2 (par spectrométrie DOAS) et de compositions des panaches (à l’aide d’un analyseur portable que j’ai construit l’année passée).

Il a affrété un bateau de 18 mètres de long pour 5 de large, dans lequel nous nous embarquons, six scientifiques, deux marins, un capitaine et un cuisinier vers le Sud. Les deux premiers jours se font sous du très beau temps, trop peut-être aurait dit quelqu’un de méfiant. Dans le port de Severo Kurilsk, sur l’Ile de Paramushir, nous faisons le plein de mazout, d’eau et de nourriture. Dès le premier jour de navigation dans les Îles, nous rencontrons les premiers bancs de brouillard, qui devient, à mesure que nous descendons vers le sud, de plus en plus dense et humide.

Le Larga, notre bateau de 18m de long sur 5 de large

Le Larga, notre bateau de 18m de long sur 5 de large

Départ du port de Pettopavlovsk

Départ du port de Pettopavlovsk

Le volcan Vilyuchinsky

Le volcan Vilyuchinsky

Et le Mutnovsky avec un nuage de condensation dans le panache de ses fumerolles

Et le Mutnovsky avec un nuage de condensation dans le panache de ses fumerolles

Coucher de Soleil sur la côte très escarpée du Sud du Kamchatka

Coucher de Soleil sur la côte très escarpée du Sud du Kamchatka

La baie de Severo-Kurilsk, ses bateaux coulés et son volcan actif , l'Ebeko, en toile de fond. Nous y reviendrons

La baie de Severo-Kurilsk, ses bateaux coulés et son volcan actif , l'Ebeko, en toile de fond. Nous y reviendrons

Le volcan Kuntomintar, à la pointe sud de l'île de ShiashkotanLe volcan Kuntomintar, à la pointe sud de l'île de Shiashkotan

Le volcan Kuntomintar, à la pointe sud de l'île de Shiashkotan

L'Île de Onekotan et ses volcans Nemo et Krenitsine noyés dans la brume.

L'Île de Onekotan et ses volcans Nemo et Krenitsine noyés dans la brume.

Plus on descend, plus le temps se gâte, l'île Kharimkotan voilée de nuages.

Plus on descend, plus le temps se gâte, l'île Kharimkotan voilée de nuages.

Cachalot solitaire

Cachalot solitaire

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