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Robin des volcans

Robin des volcans

Volcanologie, Mexique et Expéditions Volcaniques

Articles avec #volcans catégorie

Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Expéditions, #Volcanologie, #Volcans, #Monde, #Météocrash

Le Kamchatka… Je ne pensais pas avoir un jour la chance de revenir dans cette partie du monde. J’étais venu ici en 2011, à l’occasion du Gas Workshop, organisé tous les trois ans par la commission pour l’étude de la chimie des gaz volcaniques. Ça avait été un voyage extraordinaire sur des volcans d’une beauté totale, dans la chaude camaraderie scientifique qui règne lors de ces petits congrès ou tous les participants se connaissent et s’apprécient.

Et me revoici donc a Petropavlovsk, où j’attends depuis quatre jours un bateau qui doit nous emmener pour une mission de 2 semaines aux îles Kouriles. Le bateau doit réparer une avarie, ce qui me laisse tout le temps de profiter de la ville, qui dégage une atmosphère unique, avec son architecture typiquement soviétique, ses façades décrépies, ses bases militaires désaffectées, ses églises orthodoxes en (re)construction, la large baie d'Avacha arpentée de sous-marins nucléaires, et les majestueux volcans enneigés qui la cernent de toutes parts. Enfin ça c’est quand il fait beau. Là, il pleut et vente sans interruption depuis 3 jours et la visibilité dépasse rarement les cinquante mètres. Les Méteocrashs ici battent à plates coutures les climats belges, bretons, ou mêmes sud-chiliens ou costariciens .

L’expédition s’inscrit dans un projet de 3 ans, financé par l’Académie des Sciences de Russie et une fondation Américaine, qui vise établir un inventaire des émissions de gaz de l’arc volcaniques des iles Kuriles, une des dernières zones volcaniques vierges d’exploration scientifique dans ce domaine.  Je dois ma participation à cette expédition exceptionnelle à mon collègue Yuri Taran, volcanologue Russe travaillant depuis 25 ans à la UNAM, et maître à penser de deux générations de volcanologues géochimistes. Et je tiens à lui exprimer ici toute ma gratitude.

 

 

Kamchatka ... Yo no pensaba tener un día la oportunidad de volver a esta parte del mundo. Vine aquí en 2011, para asistir al IAVCEI Gas Workshop, organizado cada tres años por la Comisión para el Estudio de la Química de los Gases Volcánicos. Había sido un viaje extraordinario en volcanes de belleza total, y en la camaradería científica caliente que caracteriza estas pequeñas conferencias donde todos los participantes se conocen y se aprecian.

Pero estoy de nuevo en Petropavlovsk, donde estoy esperando desde cuatro días un barco que nos llevaría a una misión de 2 semanas en las islas Kuriles. El barco debe reparar algún daño, lo que me deja mucho tiempo para disfrutar de la ciudad y de su ambiente único, con su arquitectura Soviética, sus fachadas desmoronadas, sus bases militares fuera de servicio, sus iglesias ortodoxas en (re) construcción, la amplia bahía de Avacha recorrida por submarinos nucleares, y los majestuosos volcanes nevados que la rodean. Bueno esto es cuando el tiempo es bueno… Ahora hemos estado presos desde 3 días por una tormenta con vientos y lluvia continua, la visibilidad rara vez supera los cincuenta metros. Los Méteocrashs aquí les ganan a los climas belgas, bretón, y hasta a los del sur de Chile o Costa Rica.

La expedición forma parte de un proyecto de 3 años, financiado por la Academia de Ciencias de Rusia y una fundación estadounidense, cuyo objetivo es establecer un inventario de las emisiones del arco volcánico de las islas Kuriles, una de las últimas zonas volcánicas virgen de exploración científica en esta área. Debo mi participación en esta expedición única a mi colega Yuri Taran, vulcanólogo ruso trabajando desde 25 años en la UNAM, y maestro de dos generaciones de vulcanólogos geoquímicos. Y le quiero expresar aquí mi agradecimiento.

 

La statue de Lénine et le Koryaksky

La statue de Lénine et le Koryaksky

Eglise et VolcansEglise et Volcans

Eglise et Volcans

La statue des Apôtres Pierre et Paul, qui ont donné leur non à la ville, au bord du petit lac où nagent les canards.
La statue des Apôtres Pierre et Paul, qui ont donné leur non à la ville, au bord du petit lac où nagent les canards.

La statue des Apôtres Pierre et Paul, qui ont donné leur non à la ville, au bord du petit lac où nagent les canards.

Les volcans du Sud de la baie d'Avacha: Mutnovsky, Vilyuchinsky et Gorely

Les volcans du Sud de la baie d'Avacha: Mutnovsky, Vilyuchinsky et Gorely

Ces cannons protégèrent la ville d'une tentative d'invasion par un escadre Anglaise durant un épisode peu connu de la Guerre de Krimée en 1854.

Ces cannons protégèrent la ville d'une tentative d'invasion par un escadre Anglaise durant un épisode peu connu de la Guerre de Krimée en 1854.

Aujourd'hui la Russie dispose de moyens de défense plus modernes...

Aujourd'hui la Russie dispose de moyens de défense plus modernes...

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Nicaragua, #Lac de lave, #Volcanologie, #Expéditions, #Volcans, #Multigaz, #Caméra à SO2, #Masaya, #Gaz

Je suis de retour au Nicaragua, 11 mois après ma première campagne. Le spectacle du lac de lave du Masaya est toujours aussi hypnotique., et ses paramètres volcanologique sont d'une stabilité étonnante. Le niveau a baissé d'une petite dizaine de mètre, la surface a légèrement augmenté, mais le brassage du lac est pratiquement inchangé et les émissions de SO2, mesurées avec ma fidèle caméra UV, sont exactement identiques à l'année passée. Je suis cette fois accompagné par mon collègue et ami Denis Legrand, qui a installé pour 10 jour un sismomètre broadband sur le volcan, et qui enregistre un tremor lui aussi très constant.

Demain nous irons faire des mesures au Telica qui montre des signes d'agitation, et après-demain au Momotombo

Observation nocturne

Observation nocturne

Denis en état d'hypnose lavique

Denis en état d'hypnose lavique

Le brassage intense et incessant du lac

Ambiance de lave et de pleine lune

Ambiance de lave et de pleine lune

A la pêche... Mon multigaz en pleine action

A la pêche... Mon multigaz en pleine action

Le panache de gaz mesuré à la caméra UV

Le panache de gaz mesuré à la caméra UV

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Multigaz, #Mesures, #Copahue, #Gaz, #Volcanologie, #Expéditions, #Volcans, #fumerolles

Après plusieurs mois de travail intense de documentation, d'achats et d'assemblage, je dispose désormais d'un nouvel instrument détude des gaz volcanique: Un senseur portable de type multigaz.

Le multigaz est à la base une invention japonaise (tout comme d'ailleurs la caméra à SO2) qui se répend dans le monde de la volcanologie à grande vitesse depuis le milieu des années 2000. Contrairement à la caméra à SO2, c'est un instrument d'analyse directe, qui nécessite donc d´être en contact avec les gaz qu'il analyse. Cette nécessité de l'instrument nous promet donc de belles ascensions et de beaux survols volcaniques dans un futur qui ne fait que commencer.

L'instrument consiste en un ensemble de senseurs électrochimiques et optiques, chacun étant spécifiques à l'un des principaux composants des gaz volcaniques (la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone, le dioxyde de soufre, et l'hydrogène sulfuré). Un enregistreur de donné recueille les mesures des concentrations de chacuns de ces composés et, après calibration de l'instrument, on obtient ainsi la composition du panache.

Si dans son principe cela peut paraître simple, dans le détails il y a quelques subtilités auxquelles il faut faire attention quand on veut développer soi-même un tel instrument. Le dévelopement et l'assemblage de l'appareil a été une aventure de longue haleine qui a béneficié de l'aide précieuse de mes Amis Noémie et Israel. Mais, malgré les efforts supplémentaires que cela représente, réaliser le développement depuis la base, permet d'en comprendre et d'en maîtriser toutes les ficelles et d'être plus indépendant, sans parler de l'importante économie financière qu'on fait par rapport à l'achat d'un équipement "prêt à l'emploi". 

Et puis, ca donne à l'instrument un look "fait-maison" qui renforce indéniablement son charme... Ne trouvez vous pas?

Le premier test sur le terrain a été réalisé dans les fumerolles faciles d'accès qui se trouvent au pied du volcan Copahue, en Argentine, ou je suis retourné, avec Astrid et Noémie, juste avant le congrès Cities on Volcanoes 9.

J'en parlerai plus en détail dans un article a venir très prochainement

 

   

Premier test sur le terrain du Multigaz, dans les fumerolles du Copahue

Résultats Préliminaires (PAS ENCORE CALIBRÉS!!!) de ce premier test. A chaque traversée des fumerolles, l'appareil a enregistré un pic de CO2 et d'H2S, mais pas de SO2, ce qui est tout à fait logique vu l'origine hydrothèrmale et la basse température de ces fumerolles (Le SO2 est un gaz qui est caractéristique des émissions magmatiques à haute température). La vapeur d'eau (non-montré sur la figure) a aussi éte mesurée

Résultats Préliminaires (PAS ENCORE CALIBRÉS!!!) de ce premier test. A chaque traversée des fumerolles, l'appareil a enregistré un pic de CO2 et d'H2S, mais pas de SO2, ce qui est tout à fait logique vu l'origine hydrothèrmale et la basse température de ces fumerolles (Le SO2 est un gaz qui est caractéristique des émissions magmatiques à haute température). La vapeur d'eau (non-montré sur la figure) a aussi éte mesurée

Schéma Technique du Multigaz. En gris les tubes de silicone d'acheminement du gaz aux différents senseurs, en vert les cables électriques qui transmettent les signaux, en noir et rouge les cables électriques qui transportent le courant.

Schéma Technique du Multigaz. En gris les tubes de silicone d'acheminement du gaz aux différents senseurs, en vert les cables électriques qui transmettent les signaux, en noir et rouge les cables électriques qui transportent le courant.

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Colima, #Eruption, #dôme, #Volcanologie, #Volcans

 

Depuis une semaine, le volcan Fuego de Colima connait une augmentation d'activité assez importante qui inquiète les volcanologues locaux et les autorités, avant tout par son anlogie avec celle de juillet de l'année passée qui avait débouché sur un important effondrement du dome de lave et un écoulement pyroclastique de 11 km de long (le deuxième plus long du vingt-et-uniéme siécle, derriére celui du Merapi en 2010). Je me trouvais au Pérou quand cela s'était produit, et je n'avais pu arrivé qu'une fois le pic de l'activité passée.

Aussi, quand le volcan a commencé a monter à nouveau en puissance, j'ai pu me libérer rapidement de mes obligations burocratiques et je suis parti vendredi soir pour Colima, avec mes Amis Noémie et Israel et ma Fiancée Astrid. Les volcanologues de Colima n'ont pas d'équipement pour mesurer les gaz, et nos mesures sont donc accueillies avec gratitude par Gabriel Reyes, qui est en charge de la gestion de la crise.

Comme l'année passée, l'activité est caractérisée par une croissance tres rapide d'un dome de lave, accompagné d'un intense dégazage, et d'avalanches presques continues de blocs incandescents. Les plus fortes avalanches se tranforment en petits écoulement pyroclastiques. Mais à la différence de l'année passée, tout l'écoulement du dome est pour le moment canalisé vers le sud par l'échancrure laissée par léffondrement de juillet 2015. Et cet écoulement progressif a comme conséquence de limiter la croissance verticale du dôme et les risques d'éffondrement catastrophique.

La préoccupation majeure serait que l'écoulement du magma dans le conduit s'accélère jusqu'à dépressuriser brutalement le magma profond et probablement riche en gaz, ce qui déclencherait une éruption subplinienne, comme le volcan en produit environ une fois par siècle.

En effet, il existe, pour les magmas andésitiques visqueux et riches en gaz, un seuil de vitesse d'ascension au delà duquel les gaz n'ont pas le temps de se séparer du magma et de s'échapper plus ou moins tranquilement vers l'atmosphère. Quand ce seuil est franchi, l'expension des gaz diminue fortement la densité du magma, augmentant sa vitesse de remontée et ainsi de suite, une rétroalimentation catastrophique qui conduit à une éruption explosive.

Pour le moment, il ne semble pas que ce soit le cas. Après un pic d'activité dans les vendredi et samedi dernier, les paramétres d'activité du volcan (Incandescence sommitale, flux de SO2, sismicité de type longue période, bruits de dégazage) semblent redescendre lentement.

 

 

 

Astrid et Noémie observent l'activité à une distance respectable de 10 km

Astrid et Noémie observent l'activité à une distance respectable de 10 km

Zoom sur un petit écoulement pyroclastique

Zoom sur un petit écoulement pyroclastique

Incandescence du dôme au crépuscule, vue depuis le Nevado de Colima

Incandescence du dôme au crépuscule, vue depuis le Nevado de Colima

Le panache de gaz et d'aerosol injecté dans un ciel tourmenté d'atmosphère tropicale. A Colima en octobre, le météocrash n'es jamais loin...

Le panache de gaz et d'aerosol injecté dans un ciel tourmenté d'atmosphère tropicale. A Colima en octobre, le météocrash n'es jamais loin...

Le dôme, malgré son taux d'alimentation élevé (environ 500000 mètres cubes par jour) n'a pas encore dépassé les bords Est, Nord et Ouest du cratère

Le dôme, malgré son taux d'alimentation élevé (environ 500000 mètres cubes par jour) n'a pas encore dépassé les bords Est, Nord et Ouest du cratère

Crise Eruptive à Colima

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Lac de lave, #Expéditions, #Masaya, #Nicaragua, #Volcanologie, #Volcans

Je passe ce mois d'avril 2016 au Nicaragua, invité par l'INETER (http://web-geofisica.ineter.gob.ni/index.html) pour faire une campagne de mesures de gaz (flux de SO2 et concentrations de SO2, HCl, et HF) sur trois volcans particulièrement actifs en ce moment: le Masaya, le Momotombo et le Telica.

Au Masaya, après des décénies de dégazage passif, un lac de lave est progressivement apparu depuis décembre dernier. Il s'elargit graduellement par effondrement de morceaux des parois qui l'entourent, probablement minées par le bas par l'erosion thermique du ressac du lac. Il fait actuellement environ 30m sur 20, et se trouve a environ 200m sous la lèvre du double cratère puit emboîté.

Bien que de taille modeste, le lac de lave du Masaya est incroyablement dynamique. D'impressionnantes bulles de gaz viennent en permanence crever sa surface, brassée par de violents courants de convection. C'est totalement hypnotisant et en même temps très intéressant pour afiner un certain nombre d'hypothèses sur la formation des lacs de lave. Un sujet qui m'intéresse beaucoup depuis quelques années et mes travaux sur le Nyamuragira.

Le lac de lave du Masaya

Le lac de lave du Masaya

Installation du système d'échantillonage du panache au bord Ouest du cratère

Installation du système d'échantillonage du panache au bord Ouest du cratère

Le sol est jonché de cheveux de Pélé, ces fins fils de lave étirés à l'état liquide par l'échapement des gaz et transportés par le fort courant ascendant du panache de gazcendent

Le sol est jonché de cheveux de Pélé, ces fins fils de lave étirés à l'état liquide par l'échapement des gaz et transportés par le fort courant ascendant du panache de gazcendent

Ma caméra UV en action pour un rendez vous (réussi) avec le satellite ASTER.

Ma caméra UV en action pour un rendez vous (réussi) avec le satellite ASTER.

Vidéo du Lac, prise le 14 avril

Autre vidéo du lac, avec un mode de circulation légèrement différent

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Expéditions, #Pérou, #Volcans, #Volcanologie, #Ubinas, #Sabancaya

La deuxième partie du voyage au Pérou a bénéficié d'une excellente collaboration avec les volcanologues de l'Observatoire Volcanologique de l'INGMMET. En mai dernier, j'avais rencontré au workshop du Costa-Rica, Fredy Apaza et Pablo Masias, et leur avait fait part de mes projets de voyage au Pérou. Ils m'avaient demandé si je pourrais faire à cette occasion des mesures à la caméra UV sur les deux volcans péruviens qui montrent en ce moment des signes d'activité: L'Ubinas et le Sabancaya. C'est ainsi qu'a démarré cette collaboration qui je l'espère, va se prolonger encore de longues années tant les volcans péruviens sont passionnants et beaux, et ce sous un climat idéal pour les mesures de gaz.

L'Ubinas est sans doute le volcan le plus fréquemment actif du Pérou. Il domine d'environ 1000m l'altiplano Péruvien dont l'altitude moyenne à cet endroit tourne autour de 4500m. Un petit volcan donc, mais dont la base se situe à l'altitude des plus hautes montagnes d'Europe. Sa dernière période éruptive a commencé en 2006 et a connu trois crise successives. Une première entre 2006 et 2009, une seconde, jusqu'à présent la plus intense, en 2012-2013, et la troisième qui a commencé depuis avril de cette année. caractérisée par des explosions modérées, des émissions de cendres et la croissances de petits dômes intracratériques. Le volcan est couronné par un large cratère ou une petite caldera qui contient un petit cône de cendres aux pentes douces. Son passé éruptif chargé (avalanches de débris, éruptions pliniennes) ainsi que le dynamisme de ses dernières éruptions, et les émissions élevées de SO2 durant ces dernières, ne sont pas sans rapeller "mon" Popocatépetl.

Lors de notre ascension, il était très calme, et les émissions de gaz paraissaient à Fredy moindres que lors de ses visites précédentes. Ce calme apparent pouvait indiquer qu'un dôme avait obstrué le conduit et cette crainte nous a dissuadés de descendre dans la caldéra et de jeter un oeil dans le cratère interne.

Les mesures que nous avons fait a la camera à SO2 indiquent des valeurs élevées, ~1000 Tonnes par jour en moyenne, C'est environ 4 à 5 fois moins que le Popo, mais ca reste très élevé pour un volcan à dôme de lave. Et, observation intéressante, les émissions se font, comme au Popo, également de manière pulsante, avec des période caractéristiques entre deux bouffées successives qui sont du même ordre de grandeur que pour son grand frère Mexicain.

Le lendemain de notre visite, le volcan a produit une explosion dont le panache est monté à 2000m au dessus du cratère... On a finalement bien fait de ne pas descendre dedans.

 

Notre deuxième volcan, le Sabancaya fait partie d'une chaîne de 3 grands édifices alignés N-S et dont l'altitude tourne autour des 6000. D'imposantes coulées de lave rayonnent a partir de son cratère, jusqu'a 10 km, et la signification de son nom Quéchua (langue de feu) suggère que certaines ont du se mettre en place a la période précoloniale.

Depuis 2011, le volcan donne des signes de réactivation. Tous les paramètres classiquement surveillés par les volcanologues, donnent les mêmes indications: sismicité en hausse (volcano tectoniques et plus récemment seismes hybrides), déformation (inflation généralisée), augmentation de l'activité fumerollienne, augmentation de la température et des sulfates, des sources chaudes de la région (certaines a plus de 20 km du sommet).

L'ascension du volcans depuis sa base a été assez rude, en raison de l'altitude, des gaz, et d'une épaisse couche de neige crouteuse dans laquelle nous nous enfoncions jusqu'aux cuisses. Près du sommet, nous constatons que la neige, tombée 5 jours plus tôt, est recouverte d'une mince couche de cendres. Fredy en collecte un échantillon, qui se révèlera contenir un pourcentage important de matériel juvénil (cristaux et verre frais), une donnée nouvelle dans l'évolution de l'activité. Arrivés au cratère, le volcan tente a plusieurs reprises de nous asphyxier avec son panache hyperconcentré. Nous entendons clairement des bruits causé par un dégazage a haute pression, absent lors de la dernière visite de Fredy. Toutes ces observations indiquent que le processus de réactivation du volcan continue de progresser. Le magma est désormais très proche de la surface et dégaze de facon extrêmement abondante. Faute de temps je n'ai pas pu faire de mesures, mais mon expérience des panaches volcanique, et l'analyse (en cours) des images satellites me permettent d'estimer les émissions de SO2 dans une gamme comprise entre 3000 et 5000 Tonnes par jour.

En route vers , l'Ubinas, nous contournons le splendide cône du Misti

En route vers , l'Ubinas, nous contournons le splendide cône du Misti

Vues de l'Ubinas depuis l'Altiplano
Vues de l'Ubinas depuis l'Altiplano
Vues de l'Ubinas depuis l'Altiplano

Vues de l'Ubinas depuis l'Altiplano

Mesures des émissions de SO2 de l'Ubinas avec la Caméra UV

Mesures des émissions de SO2 de l'Ubinas avec la Caméra UV

Résultats de la caméra UV

Résultats de la caméra UV

Le large cratère de l'Ubinas , et son petit cratère interne

Le large cratère de l'Ubinas , et son petit cratère interne

Mon Frère dans la descente de l'Ubinas

Mon Frère dans la descente de l'Ubinas

2 frères au pied de l'Ubinas

2 frères au pied de l'Ubinas

Le Sabancaya (fumant) et l'Ampato vu d'avion. Notez les spectaculaires coulées visaueuses émises par le Sabancaya

Le Sabancaya (fumant) et l'Ampato vu d'avion. Notez les spectaculaires coulées visaueuses émises par le Sabancaya

Ampato et Sabancaya au petit matin

Ampato et Sabancaya au petit matin

Lever de soleil sur l'Ampato

Lever de soleil sur l'Ampato

Marche d'approche et ascension du Sabancaya...Marche d'approche et ascension du Sabancaya...

Marche d'approche et ascension du Sabancaya...

... dans l'atmosphère viciée par les gaz, et sous une lumère filtrée par les aérosols du panache...

... dans l'atmosphère viciée par les gaz, et sous une lumère filtrée par les aérosols du panache...

...Jusqu'au cratère qui culmine a 5960m

...Jusqu'au cratère qui culmine a 5960m

Dégazage intense dans le cratere

Depuis le sommet, on apercoit le puissant massif volcanique du Coropuna, à une centaine de km vers l'Ouest ...

Depuis le sommet, on apercoit le puissant massif volcanique du Coropuna, à une centaine de km vers l'Ouest ...

... Et celui de l'Ampato, qui semble si proche qu'on pourrait le toucher

... Et celui de l'Ampato, qui semble si proche qu'on pourrait le toucher

Le Volcanologue Péruvien Fredy Apaza Choquehuayta. 28 ans, géochimiste compétent, observateur doué, marcheur redoutable, et ami précieux.

Le Volcanologue Péruvien Fredy Apaza Choquehuayta. 28 ans, géochimiste compétent, observateur doué, marcheur redoutable, et ami précieux.

On a gardé le fameux Misti, qui domine Arequipa, pour une prochaine fois. Priorité aux Volcans actif sur les volcans touristiques

On a gardé le fameux Misti, qui domine Arequipa, pour une prochaine fois. Priorité aux Volcans actif sur les volcans touristiques

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Volcanologie, #Congrès, #Costa Rica, #Turrialba, #Eruption, #DOAS, #Volcans

Ces deux dernières semaines, j’étais à nouveau au Costa Rica, pour participer à deux workshops successifs sur les mesures à distances de SO2 par spectrométrie UV. Le premier workshop traitait des résultats obtenus par le réseau NOVAC (Network for the Observation of Volcanic and Atmospheric Changes) au cours des 10 premières années d’existence. Le second, plus technique, discutait des problèmes qui affectent encore la précision et l’exactitude des mesures, et des possibles solutions à ces problèmes. Les deux workshops, assez différents dans leur genre, ont été très intéressants, et très productifs. En témoigne le rapport de plus de 40 pages que nous sommes en train de rédiger et qui contient des recommandations et des projets de recherches concrets pour améliorer systématiquement la qualité des mesures du réseau DOAS et les valider.

Pour moi, c’était aussi l’occasion de revoir le Volcan Turrialba pour la troisième fois après 2010 et 2014, et cette fois en éruption… Une éruption que j’attendais depuis 5 ans, ça compte !! Dans un article du Bulletin of Volcanology de 2012, j’avais, à partir de mesures par images satellites et caméra à SO2, postulé que seule une intrusion de magma récente permettait d’expliquer les émissions très élevés de SO2 par ce volcan. Et que, par conséquent, une éruption de ce magma était un scénario d’évolution fort probable pour ce volcan qui ne se trouve qu’à une quarantaine de San Jose, la capitale du pays. L’éruption actuelle est pour le moment modérée, mais elle a quand même modifié assez fortement la morphologie du cratère. Tous les blocs éjectés que j’ai pu observer étaient constitué d’anciennes roches partiellement altérées et pour le moment, seules les cendres contiennent des traces, peu abondantes, de magma frais.

Enfin c'est toujours un grand plaisir de retrouver mes amis de l'Ovsicori (Observatorio Vulcanològico y Sismico de Costa Rica) Geoffroy Avard et Maarten de Moor, authentiques volcanologues de terrain sans peur et sans reproches.

Photo de Groupe lors de l'excursion du Mercredi: 40 volcanologues de 17 pays différents.

Photo de Groupe lors de l'excursion du Mercredi: 40 volcanologues de 17 pays différents.

Emission de Cendres

Emission de Cendres

Maarten de Moor, de l'OVSICORI, répare une station du réseau NOVAC

Maarten de Moor, de l'OVSICORI, répare une station du réseau NOVAC

Détail des rideaux de cendres

Détail des rideaux de cendres

Le cratère actif du Turrialba s'est considérablement élargi: vue actuelle et comparaison avec mars 2014
Le cratère actif du Turrialba s'est considérablement élargi: vue actuelle et comparaison avec mars 2014

Le cratère actif du Turrialba s'est considérablement élargi: vue actuelle et comparaison avec mars 2014

Vue plongeante sur un paysage en noir et blanc.

Vue plongeante sur un paysage en noir et blanc.

Mes Amis Maarten de Moor et Geoffroy Avard, déblayent le panneau solaire de la station Multigaz installée près du cratère

Mes Amis Maarten de Moor et Geoffroy Avard, déblayent le panneau solaire de la station Multigaz installée près du cratère

Mesures à la caméra Thermique de la bouche de 2010.

Mesures à la caméra Thermique de la bouche de 2010.

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Musique, #Volcans

En cette période de vacances, oublions un temps les mesures et la science et écoutons de la musique. Je vous partage une sélection de quelques vidéos musicales trouvées sur Youtube qui ou parlent de volcans ou en montrent. Je pense qu'il y en a pour à peu près tous les goûts.

 

La première chanson, Nini Zhambi, est un morceau de rap tanzanien, marié etonnamment et harmonieusement avec des chants Massai. Les paroles en Swahili dénoncent l'inégalité, la misère et l'avenir bouché de la jeunesse de tout un pays. J'aime aussi le message (voulu ou pas?) transmis par les images du clip. Le chanteur abandonne sa banlieue d'Arusha pour revenir vers la nature, vers ses traditions (les enfants vétus de noir sont de jeunes  Massai qui vivent leur période d'isolement initiatique qui les mênera vers l'age adulte) et vers son Volcan, le mythique Ol Doinyo Lengai, qui émet une lave carbonatée unique au monde.

Le second morceau vient d'Islande. C'est un concerto de musique contemporaine écrit par le compositeur islandais Jón Leifs. Il s'intitule Hekla, comme le mythique (lui aussi...) volcan Islandais. Les sonorités rocailleuse voire cahotiques évoquent de facon particulièrement forte ce splendide pays ou les 5 éléments (la terre, le feu, la glace, l'eau et l'air) rêgnent en maîtres. Les images qui accompagnent la musique montrent des volcans pas tous Islandais. Les volcanphiles avertis pourront tester leurs connaissances; Combien de volcans pouvez vous identifier?

La troisiéme chanson, E Ala E, est une chanson hawaïenne de Iz Kamakawiwo ole, célèbre pour sa reprise au Ukulele de "Somewhere over the rainbow". Dans E Ala E, la majorité des paroles est en Hawaien et je n'y comprends rien, mais les couplets en Anglais parlent de justice et revendiquent l'indépendence d'Hawai. En toile de fond on peut voir des des images des éruptions du Kilauea et du Mauna Loa. Iz Kamakawiwo ole est mort a 38 ans des suites de son obésité. Ce fléau est très répendu chez les hawaiens natifs, parce qu'ils possédent un métabolisme trés économe et acumulateur de graisse en cas de surplus alimentaire. Cette spécificité a permis à leurs ancêtres, les navigateurs Polynésiens, de voyager pendant des mois  a travers l'immense Océan Pacifique,  vivant sur des pirogues et se nourrissant d'un peu de poisson cru. A l'heure de la malbouffe américaine, cette étonnante disposition génétique à la frugalité se transforme en malédiction.

La quatrième chanson vient d'Indonésie et s'intitule "Balada Gunung Berapi", la ballade des volcans jouée à la guitare et à l'harmonica. Malgré ses paroles graves parlant des destructions causées par les éruptions récentes d'Indonésie (en particulier celle du Sinabung, mais le Kelud, le Merapi et le Slamet sont aussi évoqués) je lui trouve un aspect humoristique indéniable. Est-ce voulu ou non? A vous de juger, moi je reste indécis. "Jangan Meletus Lagi", le refrain de conclusion qui s'addresse aux différents volcans du pays, signifie "ne rentrez plus en éruption"

Enfin je termine par l'excellent documentaire musical de Bob Brozman intitulé "Songs of the Volcano" qui s'intéresses aux Guitaristes de la ville de Rabaul en Papouasie Nouvelle Guinée, détruite, en un siècle deux fois par des éruptions volcaniques (des volcans Tavurvur et Vulcan) et une fois par la seconde guerre mondiale. Rabaul est un des derniers endroits du monde a avoir découvert la guitare.

Bon visionnage. Si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires

 

Nini Dhambi, rap Tanzanien part X Plastaz

Hekla, Musique Classique Contemporaine, par Jón Leifs

E Ala E, chanson hawaienne par Iz Kamakawiwo'ole

Balada Gunung Api Indonesia, une chanson indonésienne de Pak Depari

Songs of the Volcano, trailer du documentaire musical sur la musique de Rabaul, réalisé par Bob Brozman (Sorti en DVD avec un CD des chansons)

Musiques des Volcans

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Expéditions, #Chiapas, #Innondations, #Saison des Pluies, #fumerolles, #Tacana, #Chichon, #Volcans

Nous rentrons d’une mission de dix jours sur les volcans du Chiapas, Chichon et Tacana, dont j’ai déjà parlé sur ce blog. En route, nous avons traversés les états de Veracruz  et de Tabasco, et nous avons pu nous rendre compte que de grands territoires du pays sont encore inondé et sinistrés. En fait, depuis le passage des tempêtes tropicales Ingrid, les pluies n’ont jamais vraiment cessé (alors que nous sommes en novembre) et les inondations sont devenues chroniques. Les habitants de ces régions délaissées du gouvernement central de México, s’adaptent tant bien que mal a cette infortune stationnaire. Ils se déplacent en pirogues, et habitent au deuxième étage de leurs maisons. Dans la région du Chichon on ne compte plus les routes barrées ou à demi effondrées à cause des glissements de terrains qui ont affecté les sols saturés d’eau.  A Tapachula, les égouts, bouchés depuis deux ans ne drainent pas les rues qui se transforment à chaque orage (c’est à dire à peu près  tous les soirs) en véritables rivières.
Pour nous, qui à México vivions un peu comme dans une bulle, l’état assez catastrophique de certaines régions du pays a été un choc. Il a aussi compliqué singulièrement le travail de terrain. Nous avons du ainsi renoncer à monter au sommet du Tacana, nous contentant de répéter les mesures faites en avril. Au Chichon, après une nuit de camping pluvieuse, la météo ne nous a laissé qu’une matinée pour travailler, avant que de nouvelles pluies ne nous trempent entièrement lors de la descente. Le lac de cratère était plus grand, plus froid, et moins acide. Il a été lui aussi affecté par les pluies, qui l’ont littéralement dilué.

Au milieu des eaux

Au milieu des eaux

Maisons inondées

Maisons inondées

Le Tacana (vu ici de Tapachula) n'est dégagé qu'en début de journée...

Le Tacana (vu ici de Tapachula) n'est dégagé qu'en début de journée...

... avent que les orages éclatent dans l'après-midi

... avent que les orages éclatent dans l'après-midi

Les rivières de la région sont gonflées par les pluies...

Les rivières de la région sont gonflées par les pluies...

... ce qui rend la mesure de leur débit particulièrement difficile

... ce qui rend la mesure de leur débit particulièrement difficile

Dans la région du Tacana les gens font chaque jour plusieurs Km a pied pour se rendre a l'école ou au marché

Dans la région du Tacana les gens font chaque jour plusieurs Km a pied pour se rendre a l'école ou au marché

Camping humide au Chichon

Camping humide au Chichon

Le lac du Chichon en novembre (gauche) et en avril (droite)Le lac du Chichon en novembre (gauche) et en avril (droite)

Le lac du Chichon en novembre (gauche) et en avril (droite)

Echantillonage (Photo Mikhail Zelinsky)

Echantillonage (Photo Mikhail Zelinsky)

Yuri et Mikhail prennent quelques instants de repos

Yuri et Mikhail prennent quelques instants de repos

Echantillonage d'une nouvelle fumerolle. Chaud Chaud...

Echantillonage d'une nouvelle fumerolle. Chaud Chaud...

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