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Robin des volcans

Robin des volcans

Volcanologie, Mexique et Expéditions Volcaniques

Articles avec #popocatepetl catégorie

Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Popocatépetl, #Multigaz, #Volcanologie, #DOAS, #Cratère, #Mesures, #Survol

J'en révais depuis longtemps, et ca s'est finalement réalisé: le survol du Popo.

Deux collègues italiens de  l'INGV-Palerme sont depuis une semaine ici à Mexico pour installer un multigas (un instrument qui analyse en temps réel les concentrations de quelques un des principaux gaz volcaniques d'un panache).

Avant l'installation de l'appareil sur une station fixe, nous avons voulu obtenir des mesures dans le panache encore proche de sa source, et pour cela Hugo a loué un avion, un Cesna 301.

Arrivés tôt le matin à l'aéroport de Toluca, nous avons passé près de deux heures a installer les divers appareils sur l'avion: un DOAS, le Multigas, le senseur de CO2, et le système d'aspiration des gaz pour le prélever dans des ampoules de Giggenbachs et en obetnir (au labo) des analyses isotopiques.

Et puis nous avons décollé. Hugo a eu la mauvaise idée de brancher l'inverseur de tension 12V DC/ 110V AC sur l'allume cigare de l'avion qui fournit du 24V. L'inverseur n'a pas apprécié et nous l'a fait savoir en dégageant une fumée nauséabonde, rejoignant ainsi une liste déjà bien fournie d'équipements morts pour la Science. Aprés une petite demi-heure de vol en évitant les couloirs aériens des aéroports de Mexico, Cuernavaca et Puebla nous arrivions a proximité du colosse et nous le survolions, avec une telle impression de proximité qu'il me semblait qu'il aurait suffi de tendre la  main hors de l'habitacle pour le toucher. Puis nous avons rangé les appareils photos et nous nous sommes concentrés sur nos manipes. Sauf pour le DOAS, qui n'a pu fonctionner sufisemment longtemps sur sa seule baterie en l'absence de l'inverseur, toutes les mesures se sont très bien passée. Mais ce qui m'a le plus surpris, c'est que même en plein millieu du panache, l'odeur du soufre était assez faible.

Jeudi nous partirons installer le Multigas à son site permanent que nous avons sélectionné dans un compromis difficile entre proximité du cratère et sécurité de l'instrument.

Préparatifs du vol

Préparatifs du vol

Approche du Volcan depuis l'Est

Approche du Volcan depuis l'Est

Vue depuis le Sud-Est

Vue depuis le Sud-Est

Au plus près du cratère. Tout le dégazage se fait par un puit intérieur, d'environ 300m de diamètre et 100m de profondeur qui ne semble pas contenir pour le moment de dôme de lave de taille significative.

Au plus près du cratère. Tout le dégazage se fait par un puit intérieur, d'environ 300m de diamètre et 100m de profondeur qui ne semble pas contenir pour le moment de dôme de lave de taille significative.

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Volcanologie, #Popocatépetl, #Mesures, #Caméra à SO2, #Explosions Vulcaniennes

Je suis depuis quelques jours en campagne autour du Popocatépetl avec Toshiya Mori, l'inventeur de la caméra a SO2 et son étudiant. L'atmosphere assez brumeuse et le vent trés faible et inconstant rendent parfois les mesures imprécise, mais le volcan semble rentrer dans une nouvelle phase d'activité. Aujourd'hui (21 février), deux explosions vulcaniennes se sont produites pendant nos mesures. La premiére a éjecté des blocs sur le flanc Est jusqu'a a environ 800m du cratere. Nous avons pu clairement observer une diminution des émissions de SO2, pendant environ une heure, avant que les explosions ne surviennent. En raison de l'opacité du panache trés cendreux des explosions, nous n avons pas pu mesurer la quantité de gaz qu'elles ont émis. Apres les explosions, les émissions reprenaient intensité habituelle (5000T/j) et leur caractére pulsant. (Note aux lecteurs: Ce post a été rédigé "a chaud" sur un clavier sans accent, je m'excuse donc d'avance pour les fautes d'orthographe")

Explosion Vulcanienne, en quelques dizaines de secondes, le panache atteint pres de 3000m au dessus du volcan

Explosion Vulcanienne, en quelques dizaines de secondes, le panache atteint pres de 3000m au dessus du volcan

Collectes des cendres sur le toit de la voiture

Collectes des cendres sur le toit de la voiture

Nos instruments tentent (sans succes) de mesurer a travers le panache de la seconde explosion

Nos instruments tentent (sans succes) de mesurer a travers le panache de la seconde explosion

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Popocatépetl, #Expéditions, #Vélo

Me voici de retour à écrire sur ce blog. Ici au Mexique, la saison des pluies a été très intense. Plusieurs ouragans et tempêtes tropicales ont frappé les côtes du pays, laissant de nombreuses régions totalement sinistrées. La ville de Mexico n’a pas été touchée par ces pluies diluviennes, parce qu’elle est protégée par les reliefs environnants. Pour nous la saison des pluies n’a donc été qu’une longue période de pluies et d’orages, où les activités en montagnes n’étaient plus possibles. Une période mise à profit pour développer une nouvelle méthode de traitement des données, la tester sur les images acquises pendant les derniers mois, et écrire des articles. Ca fait donc très longtemps que je n’ai plus rien écrit sur ce blog.

La saison des pluies arrive tout doucement à sa fin et nous avons recommencé a sortir en montagne. Ces deux derniers weekends nous avons exploré les bois des alentours du Popo à VTT; à la recherche du fameux chemin qui permet d’accéder au refuge de Tlamacas sans passer par le Paso de Cortez, ses contrôles et ses barrières. La première tentative, pour le week-end d’anniversaire de Nathalie, nous a conduit dans une impasse et s’est achevée par quatre heures de marche à travers bois en portant les vélos sur l’épaule. Jamais découragés, nous avons remis ça ce weekend, et nous avons fini par trouver le bon chemin. Comme il n’est plus entretenu depuis longtemps, certains passages sont à peine discernables et d’autres assez techniques. La randonnée est donc assez fatigante, sans doute aussi à cause de la raréfaction de l’air à ces altitudes (entre 3500 et 4000m).  Mais l’effort est largement récompensé parce que les bois autour du Popo sont très préservés, et les vues sur le Volcan, bien enneigé en cette fin de saison des pluies, sont à couper le souffle.

Dédicace spéciale de ce post à mes amis passionnés de vélo et de volcans et à mon frère.

Cariole dans les champs près de Metepec

Cariole dans les champs près de Metepec

Cultures d'amarantes en fleurs et volcan enneigé. Au Mexique, octobre est la meilleure saison pour apprécier la Nature

Cultures d'amarantes en fleurs et volcan enneigé. Au Mexique, octobre est la meilleure saison pour apprécier la Nature

En route vers l'objectif: la colline avec les antennes au fond à droite.

En route vers l'objectif: la colline avec les antennes au fond à droite.

Alpage et ruisseau

Alpage et ruisseau

Portage de vélo pour sortir de l'impasse

Portage de vélo pour sortir de l'impasse

Russule dans les aiguilles de pins.

Russule dans les aiguilles de pins.

La saison des pluies n'est quand même pas tout à fait terminée: Cummulonimbus et Mammatus (rares) menacent le Paso de Cortez

La saison des pluies n'est quand même pas tout à fait terminée: Cummulonimbus et Mammatus (rares) menacent le Paso de Cortez

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Volcanologie, #Popocatépetl, #Caméra à SO2, #DOAS, #COSPEC, #Satellites

Ces trois dernières semaines ont été très chargés pour moi. Une campagne de grande envergure, comme je rêvais d’en mener depuis plusieurs années, se déroulait autour du Popocatépetl. Y participaient Matthias Fickel, doctorant de la UNAM et spécialiste du DOAS, Lucio Cardenas volcanologue du Cenapred et probablement une des personnes les plus expérimentées au monde dans l’usage du COSPEC, Aurélie Damsin, mémorante de l’ULB, et moi. L’objectif : rassembler sur un même volcan (le Popo) un maximum d’instrument et de techniques pour mesurer le dioxyde de soufre et comparer les techniques entre elles. Le dioxyde de soufre (SO2) est un des composants les plus abondants dans les gaz volcaniques et un excellent traceur du dégazage du magma.

Nous avions à notre disposition 3 DOAS (spectromètres ultraviolets miniatures) montés sur une voiture, le réseau de stations DOAS fixes installées autour du Popo en 2007 dans le cadre du projet NOVAC, un bon vieux COSPEC (l’ancêtre de toutes les méthodes de téledétection des gaz volcaniques, très lourd et gourmand en énergie, mais incroyablement robuste), et mes deux caméras UV (dont une donne des signes de faiblesses inquiétants et partira bientôt en réparation). Nous avions aussi les images du satellite OMI (un spectromètre UV imageant embarqué sur la plateforme Aura) qui passe au-dessus du volcan un jour sur deux, et, cerise sur le gâteau, j’avais pu obtenir de la NASA, grâce à mon ami Dave Pieri, des acquisitions spéciales d’images par ASTER (un radiomètre multispectral infrarouge embarqué sur le satellite Terra).  

A l’heure actuelle toutes ces techniques sont utilisées séparément par les volcanologues de par le monde, selon le degré d’avancement technologique, les moyens financiers et les réalités du terrain de chacun. Mais aucune de ces techniques n’a été réellement validée par de l’échantillonnage direct dans le panache. C’est pourtant essentiel, car de nombreuses sources d’erreurs ont été reconnues théoriquement comme pouvant affecter les mesures. Les données que nous avons obtenues dans le cadre de cette campagne permettront de comparer ces techniques très différentes entre elles. C’est une façon de contourner la difficulté que représente l’échantillonnage direct dans le panache, une opération qui nécessiterait l’usage de drones ou de ballons.

La campagne s’est bien passée  la météo fût clémente et les vents sont assez favorables. L’activité du Volcan, bien qu’en baisse depuis novembre dernier, émettait toujours de copieuses quantités de SO2. Chaque jour, Aurélie, Matthias et Lucio, arpentaient les routes cabossées autour du Popo, cherchant à recouper le panache le plus souvent possibles avec leurs appareils pointés vers le ciel. Pendant ce temps, je me postais plus haut sur le volcan, si possible perpendiculairement au Panache pour mesurer la distribution 2D du SO2 avec mes caméras UV.

Je voudrais remercier ceux qui ont participé à cette campagne, mais aussi ceux qui ont contribué indirectement à son succès : Hugo Delgado, mon patron, et la UNAM pour leur soutien et le prêt d’un véhicule, Caroline Fayt, Alexis Merlaud et l’équipe de l’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique pour leur expertise en DOAS, le CENAPRED et le Parc National Izta-Popo pour leur support logistique, Alain Bernard de l’ULB pour les frais d’essence et le prêt de son DOAS, Dave Pieri et Leon Maldonado de la Nasa pour les acquisitions ASTER et enfin la fondation VOCATIO pour son soutien financier.

Cameras UV pointées sur le panache

Cameras UV pointées sur le panache

L'équipe "mobile" prête à partir (de gauche à droite : Aurélie, Lucio et Matthias)

L'équipe "mobile" prête à partir (de gauche à droite : Aurélie, Lucio et Matthias)

Calibration des caméras au moyen d'une cellule scellée contenant une concentration connue de SO2 (photo Matthias Fickel)

Calibration des caméras au moyen d'une cellule scellée contenant une concentration connue de SO2 (photo Matthias Fickel)

La nuit le cratère s'éclaire d'une incandescence soutenue. Dome de lave ou events gazeux à haute température? Le débat est ouvert...

La nuit le cratère s'éclaire d'une incandescence soutenue. Dome de lave ou events gazeux à haute température? Le débat est ouvert...

Un avant-gout des résultats de la caméra UV...

Un avant-gout des résultats de la caméra UV...

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