Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Robin des volcans

Robin des volcans

Volcanologie, Mexique et Expéditions Volcaniques

Articles avec #multigaz catégorie

Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Nicaragua, #Explosions Vulcaniennes, #Cratère, #Multigaz, #Caméra à SO2, #Volcanologie, #Expéditions

Le Telica est un petit volcan du Sud-Ouest du Nicaragua.

Il passe la plus grande partie de son temps a dégazer tranquilement sans ennuyer personne. Les flux de gaz sont modestes (100 a 200 Tonnes de SO2 par jour) mais suffisant pour porter a incandescence les roches du fond du cratère par lesquelles ces gaz percolent a haute pression. Ce qui distingue le volcan, c'est que de temps en temps il explose de facon violente sans precurseurs apparents, lancant des blocs (lithiques non-juvenils) a plusieurs kilomètres du cratère.

J'y avais fait des mesures l'années passée, et j'en ai refait cette semaine, suite a une augmentation de l'activité sismique du volcan. D'abord depuis la base du volcan avec la caméra UV (flux 2 à 3 fois plus élevés que l'année passée) puis un tour du cratère en enregistrant la composition du panache au multigas. Et, sur le chemin du retour vers Managua, quelques transects DOAS sous le panache pour confirmer les valeurs de la caméra UV.

Images d'archives de novembre 2015. L'explosion avait produit un panache de 5km d'altitude et les blocs projetés avaient tué des vaches jusqu'à 3 km du volcan. Source: http://www.elnuevodiario.com.ni/nacionales/377663-telica-rugio-otra-vez/
Images d'archives de novembre 2015. L'explosion avait produit un panache de 5km d'altitude et les blocs projetés avaient tué des vaches jusqu'à 3 km du volcan. Source: http://www.elnuevodiario.com.ni/nacionales/377663-telica-rugio-otra-vez/

Images d'archives de novembre 2015. L'explosion avait produit un panache de 5km d'altitude et les blocs projetés avaient tué des vaches jusqu'à 3 km du volcan. Source: http://www.elnuevodiario.com.ni/nacionales/377663-telica-rugio-otra-vez/

Mesures à la Camera UV au pied du volcan

Mesures à la Camera UV au pied du volcan

L'approche facile (moins d'une demi-heure) du volcan

L'approche facile (moins d'une demi-heure) du volcan

Le cratère rempli de gaz et toute la chaine de volcans vers l'Est jusqu'au Momotombo

Le cratère rempli de gaz et toute la chaine de volcans vers l'Est jusqu'au Momotombo

Transect Multigaz au bord du cratère

Transect Multigaz au bord du cratère

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Nicaragua, #Lac de lave, #Volcanologie, #Expéditions, #Volcans, #Multigaz, #Caméra à SO2, #Masaya, #Gaz

Je suis de retour au Nicaragua, 11 mois après ma première campagne. Le spectacle du lac de lave du Masaya est toujours aussi hypnotique., et ses paramètres volcanologique sont d'une stabilité étonnante. Le niveau a baissé d'une petite dizaine de mètre, la surface a légèrement augmenté, mais le brassage du lac est pratiquement inchangé et les émissions de SO2, mesurées avec ma fidèle caméra UV, sont exactement identiques à l'année passée. Je suis cette fois accompagné par mon collègue et ami Denis Legrand, qui a installé pour 10 jour un sismomètre broadband sur le volcan, et qui enregistre un tremor lui aussi très constant.

Demain nous irons faire des mesures au Telica qui montre des signes d'agitation, et après-demain au Momotombo

Observation nocturne

Observation nocturne

Denis en état d'hypnose lavique

Denis en état d'hypnose lavique

Le brassage intense et incessant du lac

Ambiance de lave et de pleine lune

Ambiance de lave et de pleine lune

A la pêche... Mon multigaz en pleine action

A la pêche... Mon multigaz en pleine action

Le panache de gaz mesuré à la caméra UV

Le panache de gaz mesuré à la caméra UV

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Multigaz, #Mesures, #Copahue, #Gaz, #Volcanologie, #Expéditions, #Volcans, #fumerolles

Après plusieurs mois de travail intense de documentation, d'achats et d'assemblage, je dispose désormais d'un nouvel instrument détude des gaz volcanique: Un senseur portable de type multigaz.

Le multigaz est à la base une invention japonaise (tout comme d'ailleurs la caméra à SO2) qui se répend dans le monde de la volcanologie à grande vitesse depuis le milieu des années 2000. Contrairement à la caméra à SO2, c'est un instrument d'analyse directe, qui nécessite donc d´être en contact avec les gaz qu'il analyse. Cette nécessité de l'instrument nous promet donc de belles ascensions et de beaux survols volcaniques dans un futur qui ne fait que commencer.

L'instrument consiste en un ensemble de senseurs électrochimiques et optiques, chacun étant spécifiques à l'un des principaux composants des gaz volcaniques (la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone, le dioxyde de soufre, et l'hydrogène sulfuré). Un enregistreur de donné recueille les mesures des concentrations de chacuns de ces composés et, après calibration de l'instrument, on obtient ainsi la composition du panache.

Si dans son principe cela peut paraître simple, dans le détails il y a quelques subtilités auxquelles il faut faire attention quand on veut développer soi-même un tel instrument. Le dévelopement et l'assemblage de l'appareil a été une aventure de longue haleine qui a béneficié de l'aide précieuse de mes Amis Noémie et Israel. Mais, malgré les efforts supplémentaires que cela représente, réaliser le développement depuis la base, permet d'en comprendre et d'en maîtriser toutes les ficelles et d'être plus indépendant, sans parler de l'importante économie financière qu'on fait par rapport à l'achat d'un équipement "prêt à l'emploi". 

Et puis, ca donne à l'instrument un look "fait-maison" qui renforce indéniablement son charme... Ne trouvez vous pas?

Le premier test sur le terrain a été réalisé dans les fumerolles faciles d'accès qui se trouvent au pied du volcan Copahue, en Argentine, ou je suis retourné, avec Astrid et Noémie, juste avant le congrès Cities on Volcanoes 9.

J'en parlerai plus en détail dans un article a venir très prochainement

 

   

Premier test sur le terrain du Multigaz, dans les fumerolles du Copahue

Résultats Préliminaires (PAS ENCORE CALIBRÉS!!!) de ce premier test. A chaque traversée des fumerolles, l'appareil a enregistré un pic de CO2 et d'H2S, mais pas de SO2, ce qui est tout à fait logique vu l'origine hydrothèrmale et la basse température de ces fumerolles (Le SO2 est un gaz qui est caractéristique des émissions magmatiques à haute température). La vapeur d'eau (non-montré sur la figure) a aussi éte mesurée

Résultats Préliminaires (PAS ENCORE CALIBRÉS!!!) de ce premier test. A chaque traversée des fumerolles, l'appareil a enregistré un pic de CO2 et d'H2S, mais pas de SO2, ce qui est tout à fait logique vu l'origine hydrothèrmale et la basse température de ces fumerolles (Le SO2 est un gaz qui est caractéristique des émissions magmatiques à haute température). La vapeur d'eau (non-montré sur la figure) a aussi éte mesurée

Schéma Technique du Multigaz. En gris les tubes de silicone d'acheminement du gaz aux différents senseurs, en vert les cables électriques qui transmettent les signaux, en noir et rouge les cables électriques qui transportent le courant.

Schéma Technique du Multigaz. En gris les tubes de silicone d'acheminement du gaz aux différents senseurs, en vert les cables électriques qui transmettent les signaux, en noir et rouge les cables électriques qui transportent le courant.

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Popocatépetl, #Multigaz, #Volcanologie, #DOAS, #Cratère, #Mesures, #Survol

J'en révais depuis longtemps, et ca s'est finalement réalisé: le survol du Popo.

Deux collègues italiens de  l'INGV-Palerme sont depuis une semaine ici à Mexico pour installer un multigas (un instrument qui analyse en temps réel les concentrations de quelques un des principaux gaz volcaniques d'un panache).

Avant l'installation de l'appareil sur une station fixe, nous avons voulu obtenir des mesures dans le panache encore proche de sa source, et pour cela Hugo a loué un avion, un Cesna 301.

Arrivés tôt le matin à l'aéroport de Toluca, nous avons passé près de deux heures a installer les divers appareils sur l'avion: un DOAS, le Multigas, le senseur de CO2, et le système d'aspiration des gaz pour le prélever dans des ampoules de Giggenbachs et en obetnir (au labo) des analyses isotopiques.

Et puis nous avons décollé. Hugo a eu la mauvaise idée de brancher l'inverseur de tension 12V DC/ 110V AC sur l'allume cigare de l'avion qui fournit du 24V. L'inverseur n'a pas apprécié et nous l'a fait savoir en dégageant une fumée nauséabonde, rejoignant ainsi une liste déjà bien fournie d'équipements morts pour la Science. Aprés une petite demi-heure de vol en évitant les couloirs aériens des aéroports de Mexico, Cuernavaca et Puebla nous arrivions a proximité du colosse et nous le survolions, avec une telle impression de proximité qu'il me semblait qu'il aurait suffi de tendre la  main hors de l'habitacle pour le toucher. Puis nous avons rangé les appareils photos et nous nous sommes concentrés sur nos manipes. Sauf pour le DOAS, qui n'a pu fonctionner sufisemment longtemps sur sa seule baterie en l'absence de l'inverseur, toutes les mesures se sont très bien passée. Mais ce qui m'a le plus surpris, c'est que même en plein millieu du panache, l'odeur du soufre était assez faible.

Jeudi nous partirons installer le Multigas à son site permanent que nous avons sélectionné dans un compromis difficile entre proximité du cratère et sécurité de l'instrument.

Préparatifs du vol

Préparatifs du vol

Approche du Volcan depuis l'Est

Approche du Volcan depuis l'Est

Vue depuis le Sud-Est

Vue depuis le Sud-Est

Au plus près du cratère. Tout le dégazage se fait par un puit intérieur, d'environ 300m de diamètre et 100m de profondeur qui ne semble pas contenir pour le moment de dôme de lave de taille significative.

Au plus près du cratère. Tout le dégazage se fait par un puit intérieur, d'environ 300m de diamètre et 100m de profondeur qui ne semble pas contenir pour le moment de dôme de lave de taille significative.

Voir les commentaires