Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Robin des volcans

Robin des volcans

Volcanologie, Mexique et Expéditions Volcaniques

Publié le par Robin Campion

Pour nous ouvrir plus de possibilités de découvertes volcaniques (et autres), nous avons acheté une voiture d'occasion, Ford K de 2008, rouge (presque magma-red), robuste et qui consomme peu.

Au milieu des champs, dans la sierra de Chichinautzin. Au fond le Popo

Au milieu des champs, dans la sierra de Chichinautzin. Au fond le Popo

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion

Le volcan le plus actif du Mexique, c’est lui!!

Le Fuego de Colima culmine à environ 3890m et est accolé au volcan Nevado de Colima, plus haut (4340m), mais plus ancien et profondément érodé. L’activité typique du volcan alterne des phases effusives qui produisent de volumineuses coulées de lave en bloc et des phases plus explosives avec explosions vulcaniennes et petites coulées pyroclastiques. La caractéristique principale du volcan, est la production, très fréquente à l’échelle des temps géologiques, d’effondrements massifs de tout l’édifice volcanique, en colossales avalanches de débris. Ces événements (aussi appelés éruptions de type Saint Helens) se sont produits au moins sept fois au cours des vingt derniers millénaires. Ils ont laissé une plaine parsemée de rochers et de collines caractéristiques appelée « hummocks » qui s’étend jusqu’au Pacifique. La ville de Colima (600000 habitants) est construite sur les dépôts de ces avalanches de débris. La récurrence élevée de tels phénomènes est une conséquence de l’exceptionnel taux de production magmatique de ce volcan, dont l’altitude a cru de plus de cent mètres au cours du XXème siècle.

La dernière phase explosive du volcan, en 2005 a été observée par mon ami Alain Melchior de Lave-Belgique (ses photos et impressions sont sur ce lien). Depuis son passage un dôme a poussé lentement dans le cratère laissé par les explosions vulcaniennes. Une dernière explosion a partiellement détruit le sommet du dôme en juin 2011, et depuis le volcan est en sommeil. Ce sommeil inquiète les volcanologues qui surveillent le Fuego de Colima, parce que la dernière éruption plinienne du volcan (en 1913) avait été précédée d’un sommeil semblable.

J’étais venu au Fuego de Colima en novembre 2008, à l’époque, le dôme de lave était en croissance et produisait plusieurs fois par jour des dégazages intenses, un peu à la manière de ce qu’on peut voir sur le Santiaguito au Guatemala. Une partie des photos illustrant ce post viennent donc de mes archives, les autres, les photos du survol, sont encore chaudes.

 

Le Fuego et le Nevado de Colima dominent une plaine formée de leurs dépôts d'avalanche de débris...

Le Fuego et le Nevado de Colima dominent une plaine formée de leurs dépôts d'avalanche de débris...

... Plaine où les hommes cultivent aujourd'hui l'agave, la canne à sucre où le café.

... Plaine où les hommes cultivent aujourd'hui l'agave, la canne à sucre où le café.

Lors de ma première visite, dans le cadre du workshop sur les gaz volcaniques en novembre 2008, j'avais pu me rendre sur le flanc N du volcan, et marcher sur l'épaisse coulée de 2004

Lors de ma première visite, dans le cadre du workshop sur les gaz volcaniques en novembre 2008, j'avais pu me rendre sur le flanc N du volcan, et marcher sur l'épaisse coulée de 2004

Le volcan produisait à l'époque plusieurs dégazages cendreux par jour (Nov. 2008)

Le volcan produisait à l'époque plusieurs dégazages cendreux par jour (Nov. 2008)

Vue aérienne du volcan, depuis l'Est. A l'avant plan, le "volcancito", un cône latéral de l'éruption de 1869

Vue aérienne du volcan, depuis l'Est. A l'avant plan, le "volcancito", un cône latéral de l'éruption de 1869

Les coulées de lave en blocs, typiques du Fuego.

Les coulées de lave en blocs, typiques du Fuego.

Vue aérienne du dôme de lave. Il a rempli presque entièrement le cratère de 2005.

Vue aérienne du dôme de lave. Il a rempli presque entièrement le cratère de 2005.

Le sommet du dôme a été partiellement détruit par une petite explosion en juin 2012.

Le sommet du dôme a été partiellement détruit par une petite explosion en juin 2012.

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Congrès, #Colima

J'ai passé la semaine dernière au congrès "Cities on Volcanoes" qui se tenait à l'université de Colima. J'étais déjà venu à Colima il y a quatre an et je retrouve la ville fidèle à mon souvenir: Une ville calme, arborée et un rien négligée qui a beaucoup de charme. Le climat y est assez tropical sans être étouffant, et les cocotiers balancent leurs palmes nonchalantes dans la brise de mer. L’océan n’est qu’à une trentaine de kilomètres, mais nous n’avons pas eu le temps d’y tremper les pieds.

Ma présentation (mardi) s'est bien passée, malgré mon anglais un peu rouillé par une pratique intensive de l’espagnol. Je présentais les donnés de flux de SO2 que j'ai collectées depuis que je suis arrivé ici. Ces données servent a la surveillance du volcan Popocatépetl, mais aussi a l'intercomparaison des différentes techniques de mesures, afin de les améliorer et de mieux comprendre leurs limites. J'ai eu quelques questions et suggestions intéressantes, Beaucoup d'autres présentations m'ont aussi beaucoup intéressé. Dans la session sur la modélisation des processus volcaniques j'ai beaucoup apprécié les présentation de John Neuberg sur la perméabilité des édifices volcaniques et le stockage de gaz à l'intérieur de ceux ci, ainsi que celle de Yan Lavallee sur les cycles de pressurisation des volcans à dôme.

Les interactions entre les "modélisateurs" et les "mesureurs" sont essentielles pour faire avancer la volcanologie, et des congres pluridisciplinaires comme celui ci sont vraiment parfaits pour ça.

Le mercredi était une journée consacrée a la visite des environs du volcan: des affleurements géologiques montrant d'impressionnants dépôts d’avalanches de débris ou de lahars, mais aussi des villages qui vivent sous la menace permanente du volcan. Un commandant de la protection civile de l'état de Colima nous a détaillé le système d'alerte mis en place de façon permanente dans ces villages. Ca a l'air remarquablement efficace. Pour un volcan aussi dangereux, c'est indispensable.

Jeudi, nouvelle session sur la sismologie volcanique et le soir, fiesta mexicaine dans le village de Nogueras, avec mariachis, et feu d’artifice.

Vendredi, j’ai eu la chance de survoler le volcan en avion, tôt le matin, avant que les nuages ne le recouvrent. Puis j’ai assisté l’après-midi aux présentations de mes amis belges Corentin et Zack.

Un prochain post plus détaillé sur le Volcàn de Colima est en préparation. 

 

A congrès international, affiche multilingue...

A congrès international, affiche multilingue...

Le Campus de l'Universitad de Colima avec, au fond, le volcan

Le Campus de l'Universitad de Colima avec, au fond, le volcan

Pause Caffé sur le campus

Pause Caffé sur le campus

Pendant ma présentation (foto cortesia Alan Garcia)

Pendant ma présentation (foto cortesia Alan Garcia)

L'excursion du mercredi: observation des dépôts d'avalanche de débris

L'excursion du mercredi: observation des dépôts d'avalanche de débris

L'excursion du Mercredi: Le Fameux Steve Sparks examine des dépôts de lahars

L'excursion du Mercredi: Le Fameux Steve Sparks examine des dépôts de lahars

Parc public à Colima

Parc public à Colima

Le soir tombe dans le centre ville

Le soir tombe dans le centre ville

Coucher de soleil sur la place centrale

Coucher de soleil sur la place centrale

Photo souvenir devant une maquette en 3D du Popocatepetl

Photo souvenir devant une maquette en 3D du Popocatepetl

Feu d'artifice

Feu d'artifice

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion

Ces dernières semaines je n'ai pas eu beaucoup le temps d'écrire des articles. La préparation de mon exposé pour le congrès de Colima occupe la plupart de mon temps, car je dois en effet traiter un an de données OMI (un satellite qui observe la terre dans l'UltraViolet) et plusieurs Gigabytes d'images obtenues ces dernieres semaines avec la caméra UV sur le Popo.

Je prends quand même un peu de temps pour vous annoncer que Nathalie est admise pour débuter sa thèse à la UNAM. C'est l'accomplissement d'un long parcours qui l'occupe non stop depuis 2 mois. Au programme: un test de QI, des examens de Physique, Math, Chimie, Géologie et Anglais et enfin une présentation de son mémoire de maîtrise et du projet de thèse. Tout ça en espagnol, une langue dont elle ne parlait pas un mot il y a a peine quatre mois. Ca mérite bien un petit post de félicitation et de célébration non?

 

A deux, C'est Mieux
A deux, C'est Mieux
Ce week-end, elle préparait sa présentation au Passo de Cortez, face au Popo, pendant que je faisais des mesures à la caméra UV

Ce week-end, elle préparait sa présentation au Passo de Cortez, face au Popo, pendant que je faisais des mesures à la caméra UV

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion

Hier (Mercredi 10 octobre), je suis monté au Paso de Cortes pour faire des mesures avec ma caméra UV. Le Popo était cette fois recouvert de neige jusqu’à environ 4500m, le résultat des gros orages qui ont lieu chaque soir depuis quelques jours. Les prévisions météo annonçaient un temps très ensoleillé, mais la réalité était un peu moins réjouissante, avec beaucoup de nuages en matinée puis de la pluie et de l’orage l’après-midi. Tout ça ne m’a laissé que 30 minutes de visibilité dégagée pour mesurer le panache du volcan.

Mais l’essentiel ce sont ces deux explosions qui se sont produites le matin. A deux reprises, un panache bourgeonnant de cendres grises, s’est élevé sans bruit au dessus des nuages, faisant pleuvoir de la cendre sur les hautes pentes du volcan recouvert de neige. Cette émotion et cette joie que je ressens à chaque fois que j’ai la chance de me trouver en face d’une éruption volcanique, grande ou petite, c’est quelque chose d’indescriptible…

Rentrer le soir au labo et traiter les données en espérant peut-être comprendre un petit quelque chose de ce qui se passe à l'intérieur du volcan est une façon de prolonger le bonheur éprouvé sur le terrain

 

La première explosion vu du Paso de Cortes

La première explosion vu du Paso de Cortes

La caméra UV en action

La caméra UV en action

Distribution du SO2 dans le panache

Distribution du SO2 dans le panache

Le panache de cendre de la seconde explosion monte a environ 2km au dessus du cratère

Le panache de cendre de la seconde explosion monte a environ 2km au dessus du cratère

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion

Le week-end dernier, je suis retourné au Toluca, avec le même groupe qu'il y a 2 semaines. Cette fois le temps était sec, et la visibilité est restée bonne jusque midi, avant que les nuages n’envahissent la zone. Nous avons pu faire le sommet (4680m), par une voie assez aérienne ménageant de superbes vues sur le cratère, les pentes externes du volcan et même sur l’Iztaccihuatl. Des photos parlent mieux qu’un long discours.

Les antennes d'une station de transmission radio émergent de la mer de brume

Les antennes d'une station de transmission radio émergent de la mer de brume

Les pentes nord du volcan

Les pentes nord du volcan

Le reste du groupe dans la pente de cendres

Le reste du groupe dans la pente de cendres

L'Iztacchihuatl, à 120 km vers l'Est

L'Iztacchihuatl, à 120 km vers l'Est

Sur l'arrête menant vers le sommet

Sur l'arrête menant vers le sommet

Le cratère dans toute sa majesté, au premier plan la laguna del Sol, et derrière le petit dôme central, la laguna del sol. Toute la zone était sacrée pour les peuples précolombiens, et plusieurs sites archéologiques ont été retrouvé dans le cratère

Le cratère dans toute sa majesté, au premier plan la laguna del Sol, et derrière le petit dôme central, la laguna del sol. Toute la zone était sacrée pour les peuples précolombiens, et plusieurs sites archéologiques ont été retrouvé dans le cratère

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion

Voici donc l’objet principal de mes recherches au Mexique.

Popocatépetl signifie « Montagne qui fume »  en Nahuatl, la langue des aztèques, pour qui il était sacré. Il s’est réveillé en 1994 après près de 70 ans de sommeil. Depuis son réveil il a alterné des épisodes de construction de dômes de lave et d’explosions vulcaniennes avec des périodes plus calmes où il dégaze tranquillement. J’y suis monté jeudi passé. Ce n’était qu’un premier contact, une heure et demi de mesures avec mes caméras UV avant que les nuages ne se referment. J’aurai plus tard l’occasion de vous en parler plus en détail. Certains jours, quand l’atmosphère est assez claire on peut l’apercevoir tôt le matin depuis la capitale. Mais ces jours sont rares. Le plus souvent les nuages, la brume ou la pollution (cochez en fonction du vent et des conditions atmosphériques) bouchent le plus souvent la visibilité. 

Vue depuis le plateau volcanique de Chichinautzin a une cinquantaine de Km

Vue depuis le plateau volcanique de Chichinautzin a une cinquantaine de Km

Mesures à la caméra SO2 depuis le passo de Cortes (à 8.5km)

Mesures à la caméra SO2 depuis le passo de Cortes (à 8.5km)

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion

 

Dimanche dernier, aprés plus d'un mois d'attente, nous avons enfin pu sortir en Montagne. Nous avons fait la ballade, environ 8h, avec un groupe d'alpinistes de la UNAM, dont certains sont mes collègues à l'Instituto de Geofisica. 
 
Mon premier volcan mexicain s'appelle Nevado de Toluca et est situé à environ 70 km de Mexico. C'est un stratovolcan, couronné par une petite caldera ouverte vers l'Est. Un petit dome de lave, entouré de deux lagunes d'eau douce, occupe le centre de la caldera. Le Nevado de Toluca culmine à 4680m, ce qui en fait le quatrième plus haut sommet du Mexique. Le volcan ne montre actuellement aucune activité, pas même des fumerolles. Cependant, les études géologiques des dépôts qui entourent le volcan ont mis en évidence la menace potentielle qu'il fait plâner sur la région. Avalanches de débris, éruptions pliniennes et puissantes coulées pyroclastiques se sont succédées fréquemment jusqu'à il y a environ 3000 ans.
 
L'ascension a commencé sous le soleil dans une jolie forêt de pin, qu'on quitte pour des prairies fleuries de lupins bleus. Passé 4000m la végétation se réduit fortement. A 4300m on atteint le bord sud du cratère. Malheureusement a peine arrivé à ce point, la visibilité s'est rapidement bouchée (me laissant juste le temps de prendre une dernière photo du dôme) et un violent orage a commencé a déversé sa grêle puis sa pluie sur nos pauvres têtes. Un vrai météo-crash, digne successeur d'une lignée déjà bien fournie, surtout ces dernières années. Au Mexique, la saison des pluies, qui dure de juin a novembre, ne se prête pas bien aux ascension de Volcans. 
 
J'espère bien avoir l'occasion de retourner au Nevado de Toluca en saison sèche pour faire l'ascension complète et de meilleures photos.
Forêt d'altitude sur le flanc Ouest du Volcan

Forêt d'altitude sur le flanc Ouest du Volcan

Vue du Sommet, à la moitié de l'ascension

Vue du Sommet, à la moitié de l'ascension

Dans le cratère, un petit dôme de lave et deux petits lacs peu profonds

Dans le cratère, un petit dôme de lave et deux petits lacs peu profonds

Voir les commentaires

Publié le par Robin Campion

 

Depuis Août 2012, je suis parti travailler au Mexique, à l’Instituto de Geofisica de la UNAM. C’est un grand pas vers la réalisation de mon rêve d’enfant de devenir Volcanologue, et aussi une façon de me rapprocher de mon Terrain d’étude. Je ne suis pas seul dans cette aventure, puisque Nathalie, la femme de ma vie, a choisi de me suivre là bas, où elle commencera une thèse de doctorat en géochimie. Le Mexique est un pays fascinant, plein de richesse et de contraste, que nous aurons l’occasion de découvrir ensemble ces trois prochaines années.
 
Ces pages ont pour but de vous faire partager ma vie et mon merveilleux métier là bas. Vous y trouverez des articles sur les Volcans et/où sur le Mexique tel que je le vis au quotidien. Tout comme les Volcans se situent à la frontière triple entre la Science, la Beauté et l’Aventure, les articles de ce blog essaieront de garder un juste équilibre entre la science pure et le récit touristique.
Notre quartier non loin de l'université.

Notre quartier non loin de l'université.

La maison où nous habitons pour le moment

La maison où nous habitons pour le moment

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4