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Robin des volcans

Robin des volcans

Volcanologie, Mexique et Expéditions Volcaniques

Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Expéditions, #Chiapas, #Innondations, #Saison des Pluies, #fumerolles, #Tacana, #Chichon, #Volcans

Nous rentrons d’une mission de dix jours sur les volcans du Chiapas, Chichon et Tacana, dont j’ai déjà parlé sur ce blog. En route, nous avons traversés les états de Veracruz  et de Tabasco, et nous avons pu nous rendre compte que de grands territoires du pays sont encore inondé et sinistrés. En fait, depuis le passage des tempêtes tropicales Ingrid, les pluies n’ont jamais vraiment cessé (alors que nous sommes en novembre) et les inondations sont devenues chroniques. Les habitants de ces régions délaissées du gouvernement central de México, s’adaptent tant bien que mal a cette infortune stationnaire. Ils se déplacent en pirogues, et habitent au deuxième étage de leurs maisons. Dans la région du Chichon on ne compte plus les routes barrées ou à demi effondrées à cause des glissements de terrains qui ont affecté les sols saturés d’eau.  A Tapachula, les égouts, bouchés depuis deux ans ne drainent pas les rues qui se transforment à chaque orage (c’est à dire à peu près  tous les soirs) en véritables rivières.
Pour nous, qui à México vivions un peu comme dans une bulle, l’état assez catastrophique de certaines régions du pays a été un choc. Il a aussi compliqué singulièrement le travail de terrain. Nous avons du ainsi renoncer à monter au sommet du Tacana, nous contentant de répéter les mesures faites en avril. Au Chichon, après une nuit de camping pluvieuse, la météo ne nous a laissé qu’une matinée pour travailler, avant que de nouvelles pluies ne nous trempent entièrement lors de la descente. Le lac de cratère était plus grand, plus froid, et moins acide. Il a été lui aussi affecté par les pluies, qui l’ont littéralement dilué.

Au milieu des eaux

Au milieu des eaux

Maisons inondées

Maisons inondées

Le Tacana (vu ici de Tapachula) n'est dégagé qu'en début de journée...

Le Tacana (vu ici de Tapachula) n'est dégagé qu'en début de journée...

... avent que les orages éclatent dans l'après-midi

... avent que les orages éclatent dans l'après-midi

Les rivières de la région sont gonflées par les pluies...

Les rivières de la région sont gonflées par les pluies...

... ce qui rend la mesure de leur débit particulièrement difficile

... ce qui rend la mesure de leur débit particulièrement difficile

Dans la région du Tacana les gens font chaque jour plusieurs Km a pied pour se rendre a l'école ou au marché

Dans la région du Tacana les gens font chaque jour plusieurs Km a pied pour se rendre a l'école ou au marché

Camping humide au Chichon

Camping humide au Chichon

Le lac du Chichon en novembre (gauche) et en avril (droite)Le lac du Chichon en novembre (gauche) et en avril (droite)

Le lac du Chichon en novembre (gauche) et en avril (droite)

Echantillonage (Photo Mikhail Zelinsky)

Echantillonage (Photo Mikhail Zelinsky)

Yuri et Mikhail prennent quelques instants de repos

Yuri et Mikhail prennent quelques instants de repos

Echantillonage d'une nouvelle fumerolle. Chaud Chaud...

Echantillonage d'une nouvelle fumerolle. Chaud Chaud...

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Popocatépetl, #Expéditions, #Vélo

Me voici de retour à écrire sur ce blog. Ici au Mexique, la saison des pluies a été très intense. Plusieurs ouragans et tempêtes tropicales ont frappé les côtes du pays, laissant de nombreuses régions totalement sinistrées. La ville de Mexico n’a pas été touchée par ces pluies diluviennes, parce qu’elle est protégée par les reliefs environnants. Pour nous la saison des pluies n’a donc été qu’une longue période de pluies et d’orages, où les activités en montagnes n’étaient plus possibles. Une période mise à profit pour développer une nouvelle méthode de traitement des données, la tester sur les images acquises pendant les derniers mois, et écrire des articles. Ca fait donc très longtemps que je n’ai plus rien écrit sur ce blog.

La saison des pluies arrive tout doucement à sa fin et nous avons recommencé a sortir en montagne. Ces deux derniers weekends nous avons exploré les bois des alentours du Popo à VTT; à la recherche du fameux chemin qui permet d’accéder au refuge de Tlamacas sans passer par le Paso de Cortez, ses contrôles et ses barrières. La première tentative, pour le week-end d’anniversaire de Nathalie, nous a conduit dans une impasse et s’est achevée par quatre heures de marche à travers bois en portant les vélos sur l’épaule. Jamais découragés, nous avons remis ça ce weekend, et nous avons fini par trouver le bon chemin. Comme il n’est plus entretenu depuis longtemps, certains passages sont à peine discernables et d’autres assez techniques. La randonnée est donc assez fatigante, sans doute aussi à cause de la raréfaction de l’air à ces altitudes (entre 3500 et 4000m).  Mais l’effort est largement récompensé parce que les bois autour du Popo sont très préservés, et les vues sur le Volcan, bien enneigé en cette fin de saison des pluies, sont à couper le souffle.

Dédicace spéciale de ce post à mes amis passionnés de vélo et de volcans et à mon frère.

Cariole dans les champs près de Metepec

Cariole dans les champs près de Metepec

Cultures d'amarantes en fleurs et volcan enneigé. Au Mexique, octobre est la meilleure saison pour apprécier la Nature

Cultures d'amarantes en fleurs et volcan enneigé. Au Mexique, octobre est la meilleure saison pour apprécier la Nature

En route vers l'objectif: la colline avec les antennes au fond à droite.

En route vers l'objectif: la colline avec les antennes au fond à droite.

Alpage et ruisseau

Alpage et ruisseau

Portage de vélo pour sortir de l'impasse

Portage de vélo pour sortir de l'impasse

Russule dans les aiguilles de pins.

Russule dans les aiguilles de pins.

La saison des pluies n'est quand même pas tout à fait terminée: Cummulonimbus et Mammatus (rares) menacent le Paso de Cortez

La saison des pluies n'est quand même pas tout à fait terminée: Cummulonimbus et Mammatus (rares) menacent le Paso de Cortez

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Congrès, #Volcanologie, #Caméra à SO2, #Stromboli

Fin juin, j'ai participé à un workshop sur les technique d'imagerie des gaz et des cendres dans les panaches volcaniques. Sponsorisé par le projet Memovolc de la politique scientifique Européenne, ce workshop réunissait une trentaine de personnes des 4 coins du Monde (du Mexique au Japon en passant par la Norvège et l'Italie). Les trois premiers jours ont été occupés par les présentations orales. Chaque intervenant présentait ses programmes d'acquisition, ou de traitement des données, ses mesures. Nous avons aussi discuté des problèmes et des sources d'erreurs associées à chaque méthode, des développements futurs à apporter de comment faire évoluer les instruments et le traitement des données pour mieux correspondre aux besoins des observatoires volcanologiques, etc... Chacun partageait son expérience et apprenait de celle des autres, le tout dans une ambiance très conviviale, ouverte et détendue mais studieuse.

Chacun avait amené son instrument: Caméras à SO2 fonctionnant dans l'Infrarouge ou dans l'Ultraviolet. Donc le quatrième jour, nous avons mené des expériences de calibration et d'intercomparaison entre les différents instruments. Mesures du rapport signal sur bruit, de la sensibilité au SO2, de sa linéarité et de sa distribution spatiale. Mes cellules de calibration passaient d'instrument en instrument pour être chaque fois mesurées.

Le cinquième jour, après ne matinée consacrée au traitement des données de l'intercomparaison, nous avons tenté, pour la première fois au monde, une expérience de tomographie du SO2 dans le panache. Profitant de conditions idéales, nous nous sommes déployés en divers points de l'île pour prendre des mesures simultanées du panache. La diversité des angles d'observation devrait permettre de reconstituer la distribution 3D (et même 4D en considérant des séquences d'images) du SO2.

Cependant pratiquement tout le protocole de mise en commun des données, d'harmonisation des formats d'images et des focales différentes, et de reconstruction tomographique proprement dit reste a inventer. Ca représentera certainement des mois de travail effectués en étroite collaboration au quatre coins du monde. Nous ne sommes même pas encore certains d'obtenir un résultat positif au terme de ce travail, mais c'est à coup d'enthousiasme, de tentatives, et parfois d'échecs que la Volcanologie progresse.

Bien entendu, j'ai profité des nuits pour monter au sommet du volcan et observer l'activité, des trois groupes de bouches éruptives de la terrasse cratérique. L'activité avait diminué par rapport aux pics qu'elle avait atteint en avril-mai au en janvier de cette année. Mais même l'activité "normale" du Stromboli est un spectacle merveilleux, que je ne me lasserai jamais de contempler pendant des nuits et des nuits.

Je remercie les organisateurs: Mike Burton, Fred Prata et Ulrich Platt de m'avoir invité à cet excellent workshop!!!!

Intercomparaison d'instrument

Intercomparaison d'instrument

L'intercomparaison d'instrument nécessite un ciel pur, donc on ne les pointe pas vers le volcan

L'intercomparaison d'instrument nécessite un ciel pur, donc on ne les pointe pas vers le volcan

Explosion modérée au Cratère Nord-Est

Explosion modérée au Cratère Nord-Est

Explosion forte au Cratère Sud-Ouest. Notez l'incandescence moindre des projectiles, due a une plus faible température de sortie.

Explosion forte au Cratère Sud-Ouest. Notez l'incandescence moindre des projectiles, due a une plus faible température de sortie.

Explosion moyenne au Cratère Nord-Est, l'aube commence à poindre, rendant plus visible le panache de cendre et la topographie

Explosion moyenne au Cratère Nord-Est, l'aube commence à poindre, rendant plus visible le panache de cendre et la topographie

Vent faible mais bien établi, panache très peu condensé, visibilité parfaite: Les conditions sont idéales pour tenter la tomographie du panache (Cote a cote: mon instrument et celui de mon ami Christoph Kern)

Vent faible mais bien établi, panache très peu condensé, visibilité parfaite: Les conditions sont idéales pour tenter la tomographie du panache (Cote a cote: mon instrument et celui de mon ami Christoph Kern)

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Expéditions, #Chiapas, #Tacana

Le second volcan de cette campagne, le Tacana n’est pas un petit volcan. Il culmine à 4000 m au-dessus du niveau de la mer, a l’extrême est du Pays. Le sommet de la montagne sert d’ailleurs de borne frontière naturelle avec le Guatemala voisin. Le Tacana est le principal sujet de la thèse de Nathalie. Cette mission est l’occasion pour elle de découvrir ce qui sera son terrain d’étude pendant ces trois prochaines années. Au programme : l’échantillonnage des sources thermales et des mofettes (exhalaisons de gaz froid), ainsi que la mesure du débit des rivières des flancs du volcan. L’ascension du Volcan, longue et assez difficile, et l’échantillonnage des fumerolles sommitales seront pour une prochaine mission.

A Tapachula, ville frontière avec le Guatemala bâtie sur des dépôts éruptifs du Tacana, Youri Taran, le promoteur de thèse de Nathalie, et 3 étudiants de l’Instituto Technologico de Chiapas, nous rejoignent, tandis que Paty retourne a Mexico.

La plupart des sources thermales associées au Volcan se trouvent sur le flanc Ouest, autour du petit village d’Agua Caliente. On l’atteint après trois heures d’une route incroyablement tortueuse et escarpée. Youri se souvient du temps pas si lointain ou les dix derniers km se faisaient à pied, les instruments chargés à dos de mule. Agua Caliente est construit sur une crête à flanc de volcan qui domine les reliefs granitiques escarpés de l’Est du Chiapas. Il se dégage de ce village un calme, une sérénité presque irréels. Après une brève présentation auprès des notables du village (l’agent municipal, le médecin et un instituteur de l’école), nous obtenons l’autorisation de nous installer dans la « casa comunitaria », sorte d’église laïque avec une estrade et des bancs en bois. L’estrade sera notre cuisine et les bancs nos lits. Nous partons dans l’après-midi pour échantillonner une première source chaude. C’est probablement une des sources chaudes les plus spectaculaires que j’ai jamais vues. Elle se trouve au pied d’une falaise exactement sous la cascade d’un des Rios qui drainent le volcan.

Les deux jours suivants, nous arpentons les pentes du volcans et les vallées des alentours avec un guide, a la recherche d’autres sources chaudes. Elles sont nombreuses au Tacana. Certaines colorent les ruisseaux en orange vif, à cause de l’hydroxyde de fer qu’elles déposent. Un autre déverse dans la jungle une cascade d’eau à 40°C. C’est le domaine de la Selva, la forêt tropicale humide et très dense, qui bruisse de chants d’oiseaux inconnus. Le somptueux Quetzal, habite encore les pentes du volcan, et c’est l’un de ses derniers refuges au Mexique. La Selva est en effet victime de la déforestation et disparait à un rythme alarmant, remplacée par des plantations de café.

En soirée nous jouons au football avec les enfants du village. Doués les gosses, ils courent vite, ils dribblent ils passent… Tout ça permet de construire de bonnes relations avec les habitants du village, qui observent le match avec un mélange de curiosité et d’amusement. Nous serons amenés à revenir là-bas plusieurs fois par an.

Cette première mission au Tacana n’est qu’une brève exploration préliminaire de trois jours, une prise de contact, mais qui aura néanmoins fourni un bon lot de mesures et d’échantillons que Nathalie traitera dans les prochaines semaines. D’autres missions viendront, plus longues et plus difficiles. Youri a aussi évoqué l’idée d’ajouter un autre volcan, le Tajumulco au Guatemala, au sujet de thèse de Nathalie. Ce n’est certainement pas le travail qui manquera ces prochains mois…

Heure de pointe dans l'unique rue du village d'Agua Caliente

Heure de pointe dans l'unique rue du village d'Agua Caliente

Echantillonage sous la cascade

Echantillonage sous la cascade

La Selva

La Selva

Fougère arborescente

Fougère arborescente

Une source fleurie

Une source fleurie

Mesure du débit d'une rivière chargée d'hydroxyde de fer

Mesure du débit d'une rivière chargée d'hydroxyde de fer

En fin d'après-midi, le Volcan se dégage quelques instants des brumes qui l'entourent la plupart du temps en cette saison

En fin d'après-midi, le Volcan se dégage quelques instants des brumes qui l'entourent la plupart du temps en cette saison

Cascade d'eau chaude

Cascade d'eau chaude

Le terrain de foot au coucher du soleil. Une balle expédiée un peu trop fort hors du terrain peu nécessiter des heures de recherches dans la ravine toute proche.

Le terrain de foot au coucher du soleil. Une balle expédiée un peu trop fort hors du terrain peu nécessiter des heures de recherches dans la ravine toute proche.

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Expéditions, #Chiapas, #Chichon, #Volcanologie, #fumerolles

Nous voici de retour de la campagne d’échantillonnage sur les volcans du Chiapas: El Chichon et Tacana. En 8 jours nous avons beaucoup fait et beaucoup vu, et je commencerai par le premier volcan de la campagne : El Chichon.

Ce petit volcan (1150m) ressort à peine du relief environnant et serait resté anonyme pour la Volcanologie s’il ne s’était pas réveillé violemment en 1985, causant la mort de 3500 personnes. Le volcan n’avait pourtant pas manqué d’envoyer des signes précurseurs inquiétant avant d’entrer en éruption : Séismes, augmentation de température des sources chaudes et apparition de fumerolles. Mais l’isolement du volcan et la quasi-inexistence à l’époque de la volcanologie Mexicaine  ont fait que ces phénomènes  n’ont pas été interprétés comme étant le signe d’un réveil du volcan, que tout le monde pensait éteint. Si une telle situation se reproduisait, ici au Mexique ou ailleurs dans le monde, je suis convaincu que le traitement de l’information par les volcanologues et la réponse des autorités aboutirait à une évacuation des habitants.

Le nombre élevé de victimes de l’éruption s’explique aussi par le déroulement de celle-ci. Après quelques éruptions phréatiques causées par la vaporisation du système hydrothermal, une première éruption magmatique détruit les villages situés à proximité immédiate du volcan. Puis le volcan se calme et les habitants reviennent dans leurs maisons pour nettoyer les cendres et nourrir leur bétail. Mais ce n’est que temporaire : une seconde éruption, beaucoup plus violente se d´clenche, et tue, dans des coulées pyroclastiques les habitants de villages, plus importants, situés jusqu’à 15 km du volcan, comme Francisco Léon. La région entière est plongée dans l’obscurité pendant 2 jours, et une épaisse couche de cendres se dépose jusqu’à 500 km du volcan.

L’éruption du Chichon est également  célèbre pour avoir marqué le point de départ des mesures de gaz volcaniques de puis l’espace. Quelques jours après l’éruption, les scientifiques de la NASA exploitant les données du satellite TOMS, conçu pour mesurer l’ozone stratosphérique, observèrent une énorme anomalie dans le panache du volcan. Après une analyse plus pointue, ils se rendirent rapidement compte que l’anomalie était en réalité due au dioxyde de soufre rejeté par l’éruption, et purent quantifier la masse de SO2 présente dans le panache. Une branche nouvelle de la volcanologie était née… Une centaine de chercheurs de par le monde utilisent aujourd’hui les images satellite pour mesurer les gaz et les cendres des volcans. Mais ceci est une autre histoire…

Cette fois-ci il ne s’agissait pas de volcanologie satellitaire, ou de télédétection, mais de volcanologie de terrain, moins confortable et  physiquement plus fatigante. Participent à la campagne Loic Peiffer, jeune volcanologue Belge qui vient d’obtenir un poste a l’institut des énergies renouvelables de la UNAM, Paty Jacome-Paz doctorante de la UNAM, Nathalie et moi. La région du volcan est assez isolée et les gens du village de Chapultenango voient assez peu de « güeros», de blancs. L’élevage de bétail et la culture de café sont les activités économiques principales de la région, mais les gens sont assez pauvres. Beaucoup ne sont pas propriétaires de leur terre ou de leur troupeau.

 L’ascension du volcan ne dure que deux heures paraitrait facile si elle se faisait sans charge et par une température raisonnable. Mais nos sacs pèsent entre 10 et 20 kg et la température tourne autour de 35 degrés. Nous installons les tentes et laissons notre stock d’eau sur le fond plat d’une ancienne caldera qui entoure le cratère de 1982. Puis, n’emportant que le matériel de mesure et d’échantillonnage, nous montons jusqu’au bord du cratère. Celui-ci mesure environ 1km de diamètre et contient un lac moyennement acide (pH =2.2). Après quelques photos du lac pour documenter l’évolution de sa taille et de sa couleur, nous commençons la descente le long de la paroi assez abrupte du cratère. Elle n’est pas techniquement difficile ni vraiment dangereuse mais nécessite quand même un minimum d’attention. Au fur et à mesure qu’on descend les 250 mètres de parois, le bruit des fumerolles et l'odeur d’hydrogène sulfuré se font de plus en plus perceptibles. Une fois arrivés au fond, nous nous répartissons les rôles. Paty va faire des mesures du flux de CO2 émis par le sol du cratère tandis que Loïc, Nathalie et moi allons échantillonner les gaz des fumerolles et les sources chaudes qui alimentent le lac. L’échatillonnage des gaz se fait en connectant a un entonnoir en titane une ampoule de silice contenant une solution de soude caustique et un volume de vide poussé. Les gaz solubles (H2O, CO2, SO2, HCl, H2S,…) se condensent dans la solution tandis que les gaz insolubles (gaz nobles, méthane, et air atmosphérique) remplissent progressivement le volume de vide jusqu’á ce que l’ampoule ne pompe plus. Quand l’ampoule est pleine, on ferme le robinet d’entrée et on la ramène au labo pour analyser (séparément) la solution de gaz dissous et les gaz libres. La méthode d’échantillonnage, mise au point dans les années 80, porte le nom de son inventeur, Werner Giggenbach. Si son principe est relativement simple sa mise en pratique sur le terrain est évidemment plus compliquée, et peut comporter des risques.  Un bon échantillonnage nécessite habileté et expérience. Au Chichon la température des gaz est relativement basse (97°, le point d’ébullition de l’eau).

En fin de journée nous nous baignons dans l’eau à 35° du lac, détente bien mérité après notre dur labeur et avant la remontée vers l’extérieur du cratère.

Le lendemain nous redescendons au fond du cratère pour terminer les mesures et échantillonnages de la veille. Nous transportons aussi un bateau gonflable. Loïc veut en effet retirer une sonde de température et de conductivité qu’il a installée il y a deux ans au milieu du lac.

Puis, quand tout est terminé, nous remontons du fond du cratère, empaquetons les tentes et redescendons jusqu’à la voiture. La chaleur et les efforts consentis durant ces deux jours nous laissent légèrement déshydratés, malgré les 5 litres d’eau absorbés quotidiennement.

Un article sur l'autre volcan de la Campagne, le Tacana sera publié bientot, mais je dois partir cette semaine faire des mesures de CO2 sur les volcans du Michoacan.

 

Préparatifs avant l'ascension

Préparatifs avant l'ascension

Un campesino mène un troupeau vers la prairie (notez le panneau indiquant la roure d'évacuation)

Un campesino mène un troupeau vers la prairie (notez le panneau indiquant la roure d'évacuation)

Panoramique du cratère

Panoramique du cratère

Volcans du Chiapas (1) El Chichon
Paty et Loic dans la descente vers le lac

Paty et Loic dans la descente vers le lac

Fumerolle (de type mud pool) á 97 degrés

Fumerolle (de type mud pool) á 97 degrés

Nathalie et Loïc échantillonnent

Nathalie et Loïc échantillonnent

Même si les fumerolles du Chichon sont classées dans les basses températures, ca reste chaud, surtout sans protections

Même si les fumerolles du Chichon sont classées dans les basses températures, ca reste chaud, surtout sans protections

Bulles de gaz à la surface du lac

Bulles de gaz à la surface du lac

Echantillonnage des bulles du lac

Echantillonnage des bulles du lac

Couleurs d'eau thermale

Couleurs d'eau thermale

Couleurs du lac

Couleurs du lac

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Expédition, #Colima, #Caméra à SO2, #Volcanologie, #dôme

Ce week-end je suis allé au Fuego de Colima pour y faire des mesures de gaz et observer l’activité. Cette fois–ci, j’étais accompagné par Zack Spica, doctorant volcano-sismologue Belge de la UNAM, et son féroce chihuahua Oxy. Depuis mon dernier article sur ce volcan,  l’activité à bien évolué. Un dôme a commencé à croître dans le cratère formé par les explosions de janvier, jusqu’à le combler totalement. Et, depuis deux semaines, il déborde sur les flancs sud et ouest en spectaculaires avalanches incandescentes.

Nous sommes donc partis jeudi matin avec une voiture de l’institut, après avoir contacté la protection civile de l’état de Jalisco pour qu’elle nous autorise l’accès aux meilleurs points d’observation. Mexico-Colima, ça ne paraît pas bien loin sur une carte, mais en réalité, il faut 10h, quasi sans s’arrêter et en roulant vite, pour faire le trajet. Nous sommes donc arrivés le soir à Colima, et des amis de Zack nous ont hébergés dans leur appartement décoré de fresques. Ils nous avaient même invités à aller danser la salsa dans un bar de la ville… En prévision des nuits futures, j’ai préféré décliner, mais Zack malgré la fatigue du voyage y est allé jusque 2h du matin. Quelle santé !!!

Le lendemain, après un petit détour par l’observatoire Volcanologique de Colima, quasi désert pour cause de vacances,  nous partons pour le poste d’observation avancé de la protection civile. Celui-ci est situé à environ 8km, sur le Nevado de Colima, le volcan, plus vieux et très érodé situé juste au Nord du Fuego. La vue qu’on a depuis ce poste d’observation est exceptionnelle. A 3900m d’altitude, on surplombe légèrement le cratère du volcan. L’atmosphère, très transparente a cette altitude, fait paraître la distance bien moindre. Une surveillance du volcan est assurée 24h sur 24 par les hommes de la protection civile de l’état de Jalisco. A peine arrivés (il est déjà 15h) je mets la caméra UV sur son trépied et je commence les mesures. A première vue les émissions de SO2 sont faibles, le panache absorbe très peu à 310nm.

Plusieurs fois par heure, des avalanches dévalent le flanc Ouest du Fuego, soulevant de petits nuages de poussières. Le nouveau dôme apparait comme une masse de lave, légèrement plus sombre que le reste du volcan, composée de blocs de taille pluridécamétrique. Il déborde du cratère en une langue de lave très visqueuse dont le front est déjà descendu sur une centaine de mètres. L’équilibre entre le taux d’alimentation de la « coulée » et le taux d’éboulement à son front déterminera si elle pourra descendre plus bas. En 2004 une coulée avait parcouru plusieurs kilomètres, mais il semble que pour le moment le taux d’alimentation ne soit pas aussi important qu’en 2004. De temps en temps, de petites explosions ont lieu au sommet du dôme, leurs faibles fréquence et intensité semble indiquer un magma pauvre en gaz, ce que confirme les mesures faites à la caméra UV.

De nuit les avalanches de blocs sont incandescentes, mais le Nevado n’est pas le meilleur point de vue pour les photographier, parce que la majorité d’entre elles dévalent le flanc Sud-Ouest.

Le lendemain, après une matinée passée à prendre de nouvelles mesures, nous redescendons sur le flanc Sud du volcan, pour tenter de trouver un bon « spot » pour observer les avalanches de blocs. Une première tentative se solde par un échec, le chemin d’accès étant trop raide et trop cabossé pour notre modeste véhicule.  Une seconde tentative aboutit, de bifurcation en bifurcation, à un chemin en cul de sac au beau milieu d’un champ de canne à sucre. L’angoisse commence à nous gagner au fur et à mesure que les heures passent et que le jour décline. Enfin nous arrivons à La Yerbabuena, petite communauté située a 8km au Sud-Ouest du cratère. C’est le village le plus proche du volcan, souvent évacué lors des poussées d’activité du volcan. Les autorités ont tenté en 2005 d’exproprier les habitants qui ont, en majorité refusé. « La Yerbabuena no se rinde ni se vende » lit on sur les murs des maisons.

Nous arrivons à la maison la plus proche du volcan et demandons au propriétaire l’autorisation de camper sur son terrain. Le propriétaire me regarde et me lance « Yo te conosco,  cabron ». Surprise !! C’est le présentateur de radio qui m’avait interviewé en Novembre en marge du congrès Cities on Volcanoes. Le monde est vraiment petit, et il ne m’avait pas dit qu’il habitait si près du Volcan.  C’est un personnage hors du commun. Anarchiste, passionné d’histoire, de politique et d’ufologie, il a construit sa maison sans permis, en zone interdite, et pourfend joyeusement les magouilles des différents gouvernements dans son émission de radio.

Vers 18h, les rayons presque horizontaux du soleil couchant éclairent le volcan d’une lumière rose irréelle. C’est l’instant qu’il choisit pour lancer un joli panache de cendres. Je fais des bonds de joie devant tant de beauté !! Plus tard à la nuit tombante, les avalanches de blocs deviennent incandescentes. Nous passerons presque toute la nuit à observer et photographier les avalanches, plus fréquentes et plus spectaculaires sur ce versant de la Montagne.

La semaine prochaine, nous partons, Nathalie et moi sur les Volcans du Chiapas, El Chichon et Tacana, pour une campagne d'échantillonnage...

L'activité du Fuego vue depuis l'observatoire.

L'activité du Fuego vue depuis l'observatoire.

Observation du dôme et mesure à la caméra. (Photo Zack Spica)

Observation du dôme et mesure à la caméra. (Photo Zack Spica)

Le sommet de Fuego porte les traces des dernières phases d'activités du Volcan. Après les explosions de 2005, qui ont laissé un large cratère (surligné en noir), un dôme a cru, lentement, de 2007 à 2011. Ce dome a été partiellement détruit par les explosions de janvier 2013. Le dome actuel a comblé le cratère de janvier (surligné en blanc) et déborde sur le flanc Ouest (flèche rouge)

Le sommet de Fuego porte les traces des dernières phases d'activités du Volcan. Après les explosions de 2005, qui ont laissé un large cratère (surligné en noir), un dôme a cru, lentement, de 2007 à 2011. Ce dome a été partiellement détruit par les explosions de janvier 2013. Le dome actuel a comblé le cratère de janvier (surligné en blanc) et déborde sur le flanc Ouest (flèche rouge)

Avalanche incandescente vue de nuit. Au fond les lumières de la ville de Colima

Avalanche incandescente vue de nuit. Au fond les lumières de la ville de Colima

Vue de l'activité depuis le versant Sud-Ouest

Vue de l'activité depuis le versant Sud-Ouest

Depuis ce point de vue, on voit bien que le dôme déborde de deux côtés

Depuis ce point de vue, on voit bien que le dôme déborde de deux côtés

Explosion et lumière du soir

Explosion et lumière du soir

Deux volcanologues heureux

Deux volcanologues heureux

Avec le maître de lieux, Ruben Martinez Tawa

Avec le maître de lieux, Ruben Martinez Tawa

Oxy a trouvé un adversaire à sa mesure. L'enjeu du match: un tupperware de paella

Oxy a trouvé un adversaire à sa mesure. L'enjeu du match: un tupperware de paella

Avalanche incandescente

Avalanche incandescente

Avalanche sur deux versants

Avalanche sur deux versants

Fuego de Colima
L'activité du volcan fait la une du journal local

L'activité du volcan fait la une du journal local

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Publié le par Robin Campion

Aujourd’hui, un petit récit de deux balades volcaniques que nous avons fait en janvier dans la Sierra de Chichinautzin, une chaine de volcans (essentiellement monogénique) située immédiatement au Sud de la ville de Mexico. Les paysage de cette région rappellent un peu l’Auvergne, mais les altitudes des sommets frôlent les 4000… La différence d’altitude compense celle de latitude.

L’Ajusco (3940m) n’est pas un cône monogénique, mais un stratovolcan disséqué par l’érosion. Les géologues qui l’ont étudié, ont daté ses dernières éruptions á environ 40000 ans et ont mis en évidence des traces d’érosion glaciaire sur ses flancs. Les dépôts d’éruptions qui sont exposés dans les cirques d’érosion font état d’un volcanisme explosif (dômes, coulées pyroclastiques) andésitique à dacitique, typique d’un stratovolcan de zone de subduction. Plusieurs voies d’ascensions existent pour atteindre le sommet. Celle que nous avons faite emprunte l’arête nord et présente un dénivelé total de 950m avec des pentes assez raides. L’ascension débute dans un bois de pin assez épais, qui s’éclaircit au fur et à mesure qu’on prend de l’altitude. Au sortir de la forêt, l’ascension se fait plus aérienne sur une crête entre deux cirques d’érosion glaciaire. La vue sur Mexico est particulièrement impressionnante. Après un premier sommet (Cima de l’Aquila, 3900m), on redescend une centaine de mètres avant de remonter jusqu’au sommet principal, la Cruz del Marques. Pour descendre nous sommes redescendu par l’arête Ouest et nous avons longé la route jusqu’à la voiture. Le retour nous a fait prendre conscience des dommages que subit la forêt, sous les attaques de la pollution, des dépôts sauvages d’immondices, de la pratique intensive du quad, et de la déforestation.

Le Chitle est un volcan monogénique basaltique, comme il y en a tant au Mexique. C’est le volcan le plus récent de la sierra de Cichinautzin, vu que son éruption ne date que de 2000 ans. Elle a profondément affecté les civilisations précolombiennes de la vallée de Mexico, en détruisant la cité de Cuicuilco, et en provoquant le basculement du centre de gravité politique et culturel de la région vers la cité de Teotihuacan. Les coulées de lave produite par l’éruption (1km3) se sont étalées sur une surface de 75km2, et montrent souvent de superbes structures de lave cordées, de tumulus et de tunnels de lave. Une grande partie du Sud de Mexico, et tout le campus de la UNAM, sont bâtis sur ces coulées. L’ascension du Chitle lui-même est très facile, une demi-heure de marche dans une forêt aérée avant d’arriver au bord du joli petit cratère envahi de végétation.

Le Mssif de l'Ajusco vu depuis le campus de la UNAM, Le Chitle est la petite colline boisée qui se trouve à son pied, à gauche

Le Mssif de l'Ajusco vu depuis le campus de la UNAM, Le Chitle est la petite colline boisée qui se trouve à son pied, à gauche

Nathalie sur l'arête nord

Nathalie sur l'arête nord

Derriere le Chitle, le Téléobjectif de mon appareil permet une vue sur notre quartier, près de l'Estadio Azteca

Derriere le Chitle, le Téléobjectif de mon appareil permet une vue sur notre quartier, près de l'Estadio Azteca

Aurélie et Nathalie dans la forêt du Chitle

Aurélie et Nathalie dans la forêt du Chitle

La Ville de Mexico (enfin la partie Sud seulement) vue depuis le Chitle

La Ville de Mexico (enfin la partie Sud seulement) vue depuis le Chitle

Depuis le sommet du Chitle, Nathalie explique à Aurélie la voie d'ascension de l' Ajusco

Depuis le sommet du Chitle, Nathalie explique à Aurélie la voie d'ascension de l' Ajusco

L'église de Santo Tomas de Ajusco construite en blocs d'andésite

L'église de Santo Tomas de Ajusco construite en blocs d'andésite

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Volcanologie, #Popocatépetl, #Caméra à SO2, #DOAS, #COSPEC, #Satellites

Ces trois dernières semaines ont été très chargés pour moi. Une campagne de grande envergure, comme je rêvais d’en mener depuis plusieurs années, se déroulait autour du Popocatépetl. Y participaient Matthias Fickel, doctorant de la UNAM et spécialiste du DOAS, Lucio Cardenas volcanologue du Cenapred et probablement une des personnes les plus expérimentées au monde dans l’usage du COSPEC, Aurélie Damsin, mémorante de l’ULB, et moi. L’objectif : rassembler sur un même volcan (le Popo) un maximum d’instrument et de techniques pour mesurer le dioxyde de soufre et comparer les techniques entre elles. Le dioxyde de soufre (SO2) est un des composants les plus abondants dans les gaz volcaniques et un excellent traceur du dégazage du magma.

Nous avions à notre disposition 3 DOAS (spectromètres ultraviolets miniatures) montés sur une voiture, le réseau de stations DOAS fixes installées autour du Popo en 2007 dans le cadre du projet NOVAC, un bon vieux COSPEC (l’ancêtre de toutes les méthodes de téledétection des gaz volcaniques, très lourd et gourmand en énergie, mais incroyablement robuste), et mes deux caméras UV (dont une donne des signes de faiblesses inquiétants et partira bientôt en réparation). Nous avions aussi les images du satellite OMI (un spectromètre UV imageant embarqué sur la plateforme Aura) qui passe au-dessus du volcan un jour sur deux, et, cerise sur le gâteau, j’avais pu obtenir de la NASA, grâce à mon ami Dave Pieri, des acquisitions spéciales d’images par ASTER (un radiomètre multispectral infrarouge embarqué sur le satellite Terra).  

A l’heure actuelle toutes ces techniques sont utilisées séparément par les volcanologues de par le monde, selon le degré d’avancement technologique, les moyens financiers et les réalités du terrain de chacun. Mais aucune de ces techniques n’a été réellement validée par de l’échantillonnage direct dans le panache. C’est pourtant essentiel, car de nombreuses sources d’erreurs ont été reconnues théoriquement comme pouvant affecter les mesures. Les données que nous avons obtenues dans le cadre de cette campagne permettront de comparer ces techniques très différentes entre elles. C’est une façon de contourner la difficulté que représente l’échantillonnage direct dans le panache, une opération qui nécessiterait l’usage de drones ou de ballons.

La campagne s’est bien passée  la météo fût clémente et les vents sont assez favorables. L’activité du Volcan, bien qu’en baisse depuis novembre dernier, émettait toujours de copieuses quantités de SO2. Chaque jour, Aurélie, Matthias et Lucio, arpentaient les routes cabossées autour du Popo, cherchant à recouper le panache le plus souvent possibles avec leurs appareils pointés vers le ciel. Pendant ce temps, je me postais plus haut sur le volcan, si possible perpendiculairement au Panache pour mesurer la distribution 2D du SO2 avec mes caméras UV.

Je voudrais remercier ceux qui ont participé à cette campagne, mais aussi ceux qui ont contribué indirectement à son succès : Hugo Delgado, mon patron, et la UNAM pour leur soutien et le prêt d’un véhicule, Caroline Fayt, Alexis Merlaud et l’équipe de l’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique pour leur expertise en DOAS, le CENAPRED et le Parc National Izta-Popo pour leur support logistique, Alain Bernard de l’ULB pour les frais d’essence et le prêt de son DOAS, Dave Pieri et Leon Maldonado de la Nasa pour les acquisitions ASTER et enfin la fondation VOCATIO pour son soutien financier.

Cameras UV pointées sur le panache

Cameras UV pointées sur le panache

L'équipe "mobile" prête à partir (de gauche à droite : Aurélie, Lucio et Matthias)

L'équipe "mobile" prête à partir (de gauche à droite : Aurélie, Lucio et Matthias)

Calibration des caméras au moyen d'une cellule scellée contenant une concentration connue de SO2 (photo Matthias Fickel)

Calibration des caméras au moyen d'une cellule scellée contenant une concentration connue de SO2 (photo Matthias Fickel)

La nuit le cratère s'éclaire d'une incandescence soutenue. Dome de lave ou events gazeux à haute température? Le débat est ouvert...

La nuit le cratère s'éclaire d'une incandescence soutenue. Dome de lave ou events gazeux à haute température? Le débat est ouvert...

Un avant-gout des résultats de la caméra UV...

Un avant-gout des résultats de la caméra UV...

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Colima, #Eruption, #Cratère

Nous sommes de retour au Mexique.

Les éruptions se poursuivent au Fuego de Colima, et on en a comptabilisé trois depuis celle du 6 janvier. Elles ont abouti à la formation d’un nouveau cratère, qui grignote progressivement le dôme de 2007-2011 (c.f. photo ci-dessous, tirée du site http://www.oem.com.mx/eloccidental/notas/n2839720.htm). Son diamètre actuel mesure 220m, d’après la protection civile de l’état de Jalisco. La comparaison avec les photos prise lors de mon survol aérien est particulièrement spectaculaire.

Si le volcan suit le comportement observé durant les 50 dernières années, les explosions pourraient bien se poursuivre quelque temps, avant qu’un nouveau dome ne croisse dans le cratére, puis déborde en epaisses coulées de lave en blocs. Mais les volcans sont imprévisibles, et une eruption de plus grande ampleur est une possibilité à ne pas exclure.

 

Fuego de Colima: Nouveau Cratère en formation

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Publié le par Robin Campion

Ce blog n'est pas destiné a fournir des nouvelles de l'activité volcanique (d'autres sites le font déjà très bien, comme par exemple le site activolcans)

Mais cette fois-ci je fais une petite exception. Nathalie vient de me signaler que des explosions s'étaient produites au Colima. Les informations disponibles sont encore très fragmentaires et se limitent à des sites de nouvelles en ligne. Ces explosions, très modestes, mettent fin à plus d'un an et demi de repos complet sur ce volcan, et pourraient n'être que le début d'une activité plus consistante...

La photo, tirée du site colimanoticias, montre un panache d'environ 2500 m de haut et peut être un très court écoulement pyroclastique sur le flanc ouest du volcan.

La video vient de Youtube, cet excellent outil de propagation de l'actualité. A voir la couleur un peu rosée du panache, on peut supposer une cendre composée essentiellement de vieux matériel (à confirmer bien sur...)

Panache éruptif du colima ce 6/01/2012 (copiright colimanoticias)

Panache éruptif du colima ce 6/01/2012 (copiright colimanoticias)

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