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Robin des volcans

Robin des volcans

Volcanologie, Mexique et Expéditions Volcaniques

Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Expéditions, #Pérou

Je viens de rentrer d'une sympathique expédition au Pérou, réalisée avec mon Frére. Ce premier post présente surtout des photos culturelles, et de paysages. Un second post sur les passionnant volcans péruviens va suivre très bientôt.

La première partie du voyage, un trek a travers le massif du Salkantay jusqu'au fameux Machu Pichu était une sorte de mise en jambe plus ou moins culturelle pour s'acclimater à l'altitude élevée des volcans Péruviens. Pour moi, la marche modérée s'est transformée en épreuve assez rude a cause d'une bronchite virulente attrappée dès le deuxième des 5 jours de marche prévus au programme. Sans le soutien de mon Frère, j'aurais du renoncer et faire demi tour.

Une boîte d'antibiotique plus tard, la visite du Machu Pichu ne nous a pas décus. Bien que cher et touristique, c'est un site absolument grandiose non seulement pour les ruines, mais aussi pour le cadre de ses montagnes granitiques recouvertes de jungle.

Changement total de décor pour la deuxième partie du voyage, dédiée aux Volcans de la région d'Arequipa. Ici, l'altitude et le climat produisent des paysages semi-désertiques rappelant ceux de l'Atacama voisin. Seules les vallées qui descendent les volcans, véritables châteaux d'eau pour la région, abritent sufisemment d'humidité pour faire prospérer des cultures. L'agréable ville d'Arequipa est blottie au pied de trois volcans: le Chachani à l'Ouest, le Pichu-Pichu à l'Est, et le Misti au Nord. Le centre ville est entièrement bâti en ignimbrite, appelée localement sillar.

Cérémonie et défilé militaire sur la plaza de Armas de Cuzco. Presque tous les éléments d'une nation latino-américaine en une seule photo. L'armée, le drapeau, l'église... Le dernier (last but mot least) était programmé pour le soir: le Football et le match Pérou-Bolivie de la copa america.

Cérémonie et défilé militaire sur la plaza de Armas de Cuzco. Presque tous les éléments d'une nation latino-américaine en une seule photo. L'armée, le drapeau, l'église... Le dernier (last but mot least) était programmé pour le soir: le Football et le match Pérou-Bolivie de la copa america.

Les ruines de Moray, ancien centre d'expérimentation agricole des IncasLes ruines de Moray, ancien centre d'expérimentation agricole des Incas

Les ruines de Moray, ancien centre d'expérimentation agricole des Incas

Salines en terrasse de Maras. Les terrasses ont été sculptées dans la montagnes pour favoriser l'évaporation d'une source d'eau rendue salée par la dissolution d'évaporites (majoritairement du gypse) presentes dans la région. Salines en terrasse de Maras. Les terrasses ont été sculptées dans la montagnes pour favoriser l'évaporation d'une source d'eau rendue salée par la dissolution d'évaporites (majoritairement du gypse) presentes dans la région.

Salines en terrasse de Maras. Les terrasses ont été sculptées dans la montagnes pour favoriser l'évaporation d'une source d'eau rendue salée par la dissolution d'évaporites (majoritairement du gypse) presentes dans la région.

Début du Salkantay Trail: culture de quinoa, et sentier de moyenne montagne
Début du Salkantay Trail: culture de quinoa, et sentier de moyenne montagne
Début du Salkantay Trail: culture de quinoa, et sentier de moyenne montagne

Début du Salkantay Trail: culture de quinoa, et sentier de moyenne montagne

On monte

On monte

On campe (Soraypampa)

On campe (Soraypampa)

Deux frères en montagne...

Deux frères en montagne...

... Et quelles Montagnes!!!
... Et quelles Montagnes!!!

... Et quelles Montagnes!!!

Le Machu Pichu, noyé dans la brume, et entouré de montagnes
Le Machu Pichu, noyé dans la brume, et entouré de montagnes
Le Machu Pichu, noyé dans la brume, et entouré de montagnes

Le Machu Pichu, noyé dans la brume, et entouré de montagnes

Diverses vues des ruines. Les édifices sont taillés en pierres granitiques impeccablement taillées pour qu'elles s'emboîtent parfaitement. Quand on sait que le granite est l'une des roches les plus dures au monde, on se rend compte de l'incroyable effort qu'a du représenter la construction du site. Le site fût abandonné par les incas devant l'avancée des conquistadors espagnols, alors que sa construction, qui durait depuis environ 80 ans était presque achevée...
Diverses vues des ruines. Les édifices sont taillés en pierres granitiques impeccablement taillées pour qu'elles s'emboîtent parfaitement. Quand on sait que le granite est l'une des roches les plus dures au monde, on se rend compte de l'incroyable effort qu'a du représenter la construction du site. Le site fût abandonné par les incas devant l'avancée des conquistadors espagnols, alors que sa construction, qui durait depuis environ 80 ans était presque achevée...
Diverses vues des ruines. Les édifices sont taillés en pierres granitiques impeccablement taillées pour qu'elles s'emboîtent parfaitement. Quand on sait que le granite est l'une des roches les plus dures au monde, on se rend compte de l'incroyable effort qu'a du représenter la construction du site. Le site fût abandonné par les incas devant l'avancée des conquistadors espagnols, alors que sa construction, qui durait depuis environ 80 ans était presque achevée...
Diverses vues des ruines. Les édifices sont taillés en pierres granitiques impeccablement taillées pour qu'elles s'emboîtent parfaitement. Quand on sait que le granite est l'une des roches les plus dures au monde, on se rend compte de l'incroyable effort qu'a du représenter la construction du site. Le site fût abandonné par les incas devant l'avancée des conquistadors espagnols, alors que sa construction, qui durait depuis environ 80 ans était presque achevée...
Diverses vues des ruines. Les édifices sont taillés en pierres granitiques impeccablement taillées pour qu'elles s'emboîtent parfaitement. Quand on sait que le granite est l'une des roches les plus dures au monde, on se rend compte de l'incroyable effort qu'a du représenter la construction du site. Le site fût abandonné par les incas devant l'avancée des conquistadors espagnols, alors que sa construction, qui durait depuis environ 80 ans était presque achevée...
Diverses vues des ruines. Les édifices sont taillés en pierres granitiques impeccablement taillées pour qu'elles s'emboîtent parfaitement. Quand on sait que le granite est l'une des roches les plus dures au monde, on se rend compte de l'incroyable effort qu'a du représenter la construction du site. Le site fût abandonné par les incas devant l'avancée des conquistadors espagnols, alors que sa construction, qui durait depuis environ 80 ans était presque achevée...
Diverses vues des ruines. Les édifices sont taillés en pierres granitiques impeccablement taillées pour qu'elles s'emboîtent parfaitement. Quand on sait que le granite est l'une des roches les plus dures au monde, on se rend compte de l'incroyable effort qu'a du représenter la construction du site. Le site fût abandonné par les incas devant l'avancée des conquistadors espagnols, alors que sa construction, qui durait depuis environ 80 ans était presque achevée...

Diverses vues des ruines. Les édifices sont taillés en pierres granitiques impeccablement taillées pour qu'elles s'emboîtent parfaitement. Quand on sait que le granite est l'une des roches les plus dures au monde, on se rend compte de l'incroyable effort qu'a du représenter la construction du site. Le site fût abandonné par les incas devant l'avancée des conquistadors espagnols, alors que sa construction, qui durait depuis environ 80 ans était presque achevée...

Arequipa et ses facades sculptées dans l'ignimbrite
Arequipa et ses facades sculptées dans l'ignimbrite
Arequipa et ses facades sculptées dans l'ignimbrite

Arequipa et ses facades sculptées dans l'ignimbrite

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Volcanologie, #Congrès, #Costa Rica, #Turrialba, #Eruption, #DOAS, #Volcans

Ces deux dernières semaines, j’étais à nouveau au Costa Rica, pour participer à deux workshops successifs sur les mesures à distances de SO2 par spectrométrie UV. Le premier workshop traitait des résultats obtenus par le réseau NOVAC (Network for the Observation of Volcanic and Atmospheric Changes) au cours des 10 premières années d’existence. Le second, plus technique, discutait des problèmes qui affectent encore la précision et l’exactitude des mesures, et des possibles solutions à ces problèmes. Les deux workshops, assez différents dans leur genre, ont été très intéressants, et très productifs. En témoigne le rapport de plus de 40 pages que nous sommes en train de rédiger et qui contient des recommandations et des projets de recherches concrets pour améliorer systématiquement la qualité des mesures du réseau DOAS et les valider.

Pour moi, c’était aussi l’occasion de revoir le Volcan Turrialba pour la troisième fois après 2010 et 2014, et cette fois en éruption… Une éruption que j’attendais depuis 5 ans, ça compte !! Dans un article du Bulletin of Volcanology de 2012, j’avais, à partir de mesures par images satellites et caméra à SO2, postulé que seule une intrusion de magma récente permettait d’expliquer les émissions très élevés de SO2 par ce volcan. Et que, par conséquent, une éruption de ce magma était un scénario d’évolution fort probable pour ce volcan qui ne se trouve qu’à une quarantaine de San Jose, la capitale du pays. L’éruption actuelle est pour le moment modérée, mais elle a quand même modifié assez fortement la morphologie du cratère. Tous les blocs éjectés que j’ai pu observer étaient constitué d’anciennes roches partiellement altérées et pour le moment, seules les cendres contiennent des traces, peu abondantes, de magma frais.

Enfin c'est toujours un grand plaisir de retrouver mes amis de l'Ovsicori (Observatorio Vulcanològico y Sismico de Costa Rica) Geoffroy Avard et Maarten de Moor, authentiques volcanologues de terrain sans peur et sans reproches.

Photo de Groupe lors de l'excursion du Mercredi: 40 volcanologues de 17 pays différents.

Photo de Groupe lors de l'excursion du Mercredi: 40 volcanologues de 17 pays différents.

Emission de Cendres

Emission de Cendres

Maarten de Moor, de l'OVSICORI, répare une station du réseau NOVAC

Maarten de Moor, de l'OVSICORI, répare une station du réseau NOVAC

Détail des rideaux de cendres

Détail des rideaux de cendres

Le cratère actif du Turrialba s'est considérablement élargi: vue actuelle et comparaison avec mars 2014
Le cratère actif du Turrialba s'est considérablement élargi: vue actuelle et comparaison avec mars 2014

Le cratère actif du Turrialba s'est considérablement élargi: vue actuelle et comparaison avec mars 2014

Vue plongeante sur un paysage en noir et blanc.

Vue plongeante sur un paysage en noir et blanc.

Mes Amis Maarten de Moor et Geoffroy Avard, déblayent le panneau solaire de la station Multigaz installée près du cratère

Mes Amis Maarten de Moor et Geoffroy Avard, déblayent le panneau solaire de la station Multigaz installée près du cratère

Mesures à la caméra Thermique de la bouche de 2010.

Mesures à la caméra Thermique de la bouche de 2010.

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Colima, #Expéditions, #Mexique, #Volcanologie, #Survol, #Eruption

J'ai passé mes vacances de fin d’année à Colima. Un concours de circonstance composé d' un FM3 perdu, d'un prix prohibitif des billets d’avions transatlantique et de l’intuition qu’il allait se passer quelque chose m’a conduit là bas, et il semble qu’il est en train de se passer quelque chose. J’ai profité des périodes nuageuses où je n’observe pas le volcan pour traiter les données et analyser les photos prises lors de mes derniers séjours (Avril 2013, Octobre 2014, et ces deux dernières semaines). Ce petit article récapitule les changements survenus depuis un an sur le volcan.

La nouvelle phase d’activité commencée en janvier 2013 (et relatée ici) s’est stabilisée, puis un peu essoufflée vers juin 2014. Au début du mois de septembre 2014, une importante recrudescence de l’activité a causé un début d’inquiétude à la protection civile locale, et a motivé ma visite à la fin du mois d’octobre. Avec mes amis et collègues de la UNAM Israel et Noémie, nous avons fait des mesures de flux de SO2 et observé la jolie activité du volcan et ses changements de morphologie.

La première chose marquante est l’augmentation du taux d’effusion de lave. Ceci se traduit tout d’abord par l’alimentation soutenue de deux grandes coulées de lave sur les flancs NE et SO. Ces coulées mesuraient en octobre respectivement 1.7 et 1.2 km de long et sont les plus importantes produites par le Colima depuis au moins 10 ans. Ensuite, les avalanches de blocs incandescents sont beaucoup plus fréquentes. Alors qu’en avril 2014 elles se produisaient au rythme d’environ une toutes les demi-heures, leur fréquence étaient en octobre d’une toute les 5 minutes. La magnitude des événements, par contre, n’a pas changé significativement.

Enfin les mesures de SO2 que nous avons obtenues montrent une augmentation très significative. Alors qu’en 2013 les émissions de SO2 étaient pratiquement inexistante en dehors des brèves « exhalaisons » chargées d’un peu de cendres qui affectaient le volcan toute les heures, elles sont désormais continues et tournent autour de 300 tonnes par jour, ce qui est une valeur élevée pour le Colima (mais très faible comparée au Popo). Toutes ces données me faisaient penser qu’un changement de l’activité vers un mode plus explosif, comme ça s’est passé en 2005, était un scénario probable d’évolution du volcan.

Et apparemment il semble que c’est en train de se produire. Une première explosion importante a eu lieu le 21 novembre, quand j’étais au Chili. Ensuite le 24 décembre, j’ai pu écouter pendant une minute une séquence d’explosions successives, avant qu’une trouée dans les nuages ne me laisse apercevoir un panache de cendres et de gaz d’environ 2km de haut (soit une altitude totale de 6000m au dessus du niveau de la mer) Ce panache a été détecté sur les images satellites par le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center, organisme qui informe les avions de ligne de la présence de nuages de cendres volcaniques) Et tout récemment, le 3 Janvier, deux fortes explosions se sont à nouveau produites. Je n’ai pas pu les observé depuis l’endroit ou je me trouvais en raison de la distance et de la couverture nuageuse, mais la protection civile de l’état de Jalisco a pu les observer depuis la ville de Ciudad Guzman, au NE du volcan, où des chutes de cendres se sont produites.

Le 4 janvier, j’ai eu l’occasion de faire un survol du volcan en avion, et d’observer les dépôts tout frais (et probablement encore chauds) de coulées pyroclastiques produites par les explosions de la veille. Tout simplement magnifique !!!!

Bonne année à tous, remplie de bonheur, d'aventures, de découvertes et de Volcans

Le dome vu en avril 2013 (haut) et en décembre 2014 (haut). Vue depuis l'observatoire du Nevado (6 km au Nord du volcan)
Le dome vu en avril 2013 (haut) et en décembre 2014 (haut). Vue depuis l'observatoire du Nevado (6 km au Nord du volcan)

Le dome vu en avril 2013 (haut) et en décembre 2014 (haut). Vue depuis l'observatoire du Nevado (6 km au Nord du volcan)

Coulées de lave produites depuis septembre 2014. Vues à la fin-octobre (haut) et à la fin-décembre (bas) depuis le flanc ouest, a 2.5 km du sommet. Le tracé rouge sur la photo de décembre marque la position des fronts de lavelave à la fin-octobre
Coulées de lave produites depuis septembre 2014. Vues à la fin-octobre (haut) et à la fin-décembre (bas) depuis le flanc ouest, a 2.5 km du sommet. Le tracé rouge sur la photo de décembre marque la position des fronts de lavelave à la fin-octobre

Coulées de lave produites depuis septembre 2014. Vues à la fin-octobre (haut) et à la fin-décembre (bas) depuis le flanc ouest, a 2.5 km du sommet. Le tracé rouge sur la photo de décembre marque la position des fronts de lavelave à la fin-octobre

Coucher de soleil le soir de Noël

Coucher de soleil le soir de Noël

Au travers les nuages, une vue du panache de l'explosion du 24 décembre, détectée par satellite

Au travers les nuages, une vue du panache de l'explosion du 24 décembre, détectée par satellite

Avalanches de blocs vues depuis La Yerbabuena (7km au sud)
Avalanches de blocs vues depuis La Yerbabuena (7km au sud)
Avalanches de blocs vues depuis La Yerbabuena (7km au sud)

Avalanches de blocs vues depuis La Yerbabuena (7km au sud)

Au traves d'un nuage lenticulaire recouvrant le volcan, l'incandescence d'une (petite) explosion

Au traves d'un nuage lenticulaire recouvrant le volcan, l'incandescence d'une (petite) explosion

Dépôts tout frais des coulées pyroclastiques du 3 janvier sur le flanc Nord du Volcan

Dépôts tout frais des coulées pyroclastiques du 3 janvier sur le flanc Nord du Volcan

Quelques autres images du dome faites du survol.
Quelques autres images du dome faites du survol.
Quelques autres images du dome faites du survol.

Quelques autres images du dome faites du survol.

Premier jour de l'an chez mes amis de la Yerbabuena
Premier jour de l'an chez mes amis de la Yerbabuena

Premier jour de l'an chez mes amis de la Yerbabuena

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Expéditions, #Volcanologie, #Monde, #Chili, #Copahue

J'ai profité,avec mes collègues de la UNAM Hugo Delgado et Denis Legrand, des quelques jours qui nous restaient au Chili après le gas workshop pour louer une voiture, foncer plein Sud, franchir la frontière avec l'Argentine, afin de mesurer le SO2 et obsever l'activité du volcan Copahue, en Patagonie.

Ce volcan contenait un grand lac de cratère, acide et chaud avant son éruption de décembre 2012. Nathalie a grimpé le volcan peu de temps après cette éruption, en mars 2013, et est même descendue dans le cratère. Elle a ainsi pu constater la disparition presque complete du lac de cratère et l'apparition de fumerolles a très haute température. Le volcan ne s'est depuis jamais complètement rendormi, émettant régulièrement de petits panaches de cendres. L'activité est devenue plus soutenue deupuis environ deux mois, avec des émissions de cendres quotidiennes et de l'incandescence observée sur les caméras de surveillance du volcan. Mais , comme le soulignait récemment cet article de l'excellent site d'actualité culture-volcan, aucune observation directe ne filtre de ce volcan. Nos observations permettent de combler cette laccune
L'activité du Copahue est maintenant purement magmatique. Le lac de cratère a completement disparu et un cone intra-cratérique croit dans le cratère. Son altitude actuelle est d'environ 20 m pour un diametre d'environ 150m. L'activité principale consiste en un jet de cendre continu mais pulsant, incandescent à la base même en plein jour et des projections de fragments de lave, incandescents aussi jusqu'à une centaine de mètres de haut. Des explosions phréatomagmatiques se produisent de temps en temps sur une autre bouche du même cone, tandis qu'un petit cratère éfondré indépendant, émet calmement de la vapeur en quantité variables. Ces quelques photos ont été prises le 2 décembre dans des conditions d'observation extremement favorable. L'accès au cratère est actuellement interdit et potentiellement dangereux. Ces observations ont été réalisées avec laccord de la défense civile argentine et je déconseille fortement l'accès au cratère à des personnes non-expérimentées.

Nous avons aussi réalisé des mesures de SO2 avec ma caméra UV et par DOAS mobile, ainsi que des échantillonages de cendres, pour compléter ces observations. Les résultats ont été présenté à la défense civile argentine de Caviahue et seront communiqué cet après midi aux volcanologues chiliens de l'OVDAS 

 

Vue générale du cratère et de l'activité, depuis l'East

Vue générale du cratère et de l'activité, depuis l'East

Jet de cendres, incandescent à la base, sur la bouche principale du cône intracratérique

Jet de cendres, incandescent à la base, sur la bouche principale du cône intracratérique

Projection de fragments de lave

Projection de fragments de lave

Incandescence plus soutenue lors d'une augmentation du débit éruptif

Incandescence plus soutenue lors d'une augmentation du débit éruptif

Courte vidéo de l'activité du volcan, d'autres suivront à mon retour au Mexique

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Congrès, #Chili, #Volcanologie

 

J'ai passé avec Nathalie les deux dernières semaines dans l'Atacama, au Nord du Chili, ou se déroulait le XXIème CCVG Gas Workshop. Un workshop est un petit congrès ou les gens, en plus de présenter leurs dernières recherches sous la forme de posters ou de conférences, pratiquent aussi leur science sur le terrain. Les grands pontes se retrouvent avec les jeunes qui montent autour du même brouet, échantillonnent la même fumerolle, mesurent le même panache. On discute, on échange des idées, on revoit des amis de l'autre bout du monde qu'on ne voit qu'une ou deux fois par ans dans des réunions similaires, on échafaude des projets de recherche sur des volcans lointains ou proches, on joue au football ou aux échecs, on fait la fête. Dans ce cas-ci, après deux jours de sessions scientifiques dans la petite ville de Copiapo nous nous sommes rendus au Volcan Lastarria (5600 mètres d'altitude et un des endroits les plus isolés qu'il m'ait été donné de visiter), puis aux Geysers du Tatio et au Volcan Lascar près de San Pedro de Atacama. Les photos pareleront plus que de longs textes sur la beauté aride des lieux.

Réflexion, Salar de Aguas Calientes

Réflexion, Salar de Aguas Calientes

Volcan Llullaillaco et Vicuña

Volcan Llullaillaco et Vicuña

Un des Geysers les plus actifs du Tatio

Un des Geysers les plus actifs du Tatio

Les algues thermophiles transforment une source chaude (70°C) en oeuvre d'art abstrait

Les algues thermophiles transforment une source chaude (70°C) en oeuvre d'art abstrait

Photo de groupe (une partie...) avec le Lascar en toile de fond

Photo de groupe (une partie...) avec le Lascar en toile de fond

Troupeau de Lamas au Lastarria

Troupeau de Lamas au Lastarria

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Colima

 

Je suis une semaine au Fuego de Colima pour mesurer (ou essayer de mesurer...) le flux et la composition des gaz) J'ecrirai un article plus detaille sur cette mission plus tard si j'ai le temps mais je profite de l'internet de l'observatoire volcanologique pour partager une image de la jolie activite du volcan.

Enjoy...

Avalanche de blocs incandescents sur le flanc Sud-Ouest il y a deux jours

Avalanche de blocs incandescents sur le flanc Sud-Ouest il y a deux jours

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Musique, #Volcans

En cette période de vacances, oublions un temps les mesures et la science et écoutons de la musique. Je vous partage une sélection de quelques vidéos musicales trouvées sur Youtube qui ou parlent de volcans ou en montrent. Je pense qu'il y en a pour à peu près tous les goûts.

 

La première chanson, Nini Zhambi, est un morceau de rap tanzanien, marié etonnamment et harmonieusement avec des chants Massai. Les paroles en Swahili dénoncent l'inégalité, la misère et l'avenir bouché de la jeunesse de tout un pays. J'aime aussi le message (voulu ou pas?) transmis par les images du clip. Le chanteur abandonne sa banlieue d'Arusha pour revenir vers la nature, vers ses traditions (les enfants vétus de noir sont de jeunes  Massai qui vivent leur période d'isolement initiatique qui les mênera vers l'age adulte) et vers son Volcan, le mythique Ol Doinyo Lengai, qui émet une lave carbonatée unique au monde.

Le second morceau vient d'Islande. C'est un concerto de musique contemporaine écrit par le compositeur islandais Jón Leifs. Il s'intitule Hekla, comme le mythique (lui aussi...) volcan Islandais. Les sonorités rocailleuse voire cahotiques évoquent de facon particulièrement forte ce splendide pays ou les 5 éléments (la terre, le feu, la glace, l'eau et l'air) rêgnent en maîtres. Les images qui accompagnent la musique montrent des volcans pas tous Islandais. Les volcanphiles avertis pourront tester leurs connaissances; Combien de volcans pouvez vous identifier?

La troisiéme chanson, E Ala E, est une chanson hawaïenne de Iz Kamakawiwo ole, célèbre pour sa reprise au Ukulele de "Somewhere over the rainbow". Dans E Ala E, la majorité des paroles est en Hawaien et je n'y comprends rien, mais les couplets en Anglais parlent de justice et revendiquent l'indépendence d'Hawai. En toile de fond on peut voir des des images des éruptions du Kilauea et du Mauna Loa. Iz Kamakawiwo ole est mort a 38 ans des suites de son obésité. Ce fléau est très répendu chez les hawaiens natifs, parce qu'ils possédent un métabolisme trés économe et acumulateur de graisse en cas de surplus alimentaire. Cette spécificité a permis à leurs ancêtres, les navigateurs Polynésiens, de voyager pendant des mois  a travers l'immense Océan Pacifique,  vivant sur des pirogues et se nourrissant d'un peu de poisson cru. A l'heure de la malbouffe américaine, cette étonnante disposition génétique à la frugalité se transforme en malédiction.

La quatrième chanson vient d'Indonésie et s'intitule "Balada Gunung Berapi", la ballade des volcans jouée à la guitare et à l'harmonica. Malgré ses paroles graves parlant des destructions causées par les éruptions récentes d'Indonésie (en particulier celle du Sinabung, mais le Kelud, le Merapi et le Slamet sont aussi évoqués) je lui trouve un aspect humoristique indéniable. Est-ce voulu ou non? A vous de juger, moi je reste indécis. "Jangan Meletus Lagi", le refrain de conclusion qui s'addresse aux différents volcans du pays, signifie "ne rentrez plus en éruption"

Enfin je termine par l'excellent documentaire musical de Bob Brozman intitulé "Songs of the Volcano" qui s'intéresses aux Guitaristes de la ville de Rabaul en Papouasie Nouvelle Guinée, détruite, en un siècle deux fois par des éruptions volcaniques (des volcans Tavurvur et Vulcan) et une fois par la seconde guerre mondiale. Rabaul est un des derniers endroits du monde a avoir découvert la guitare.

Bon visionnage. Si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires

 

Nini Dhambi, rap Tanzanien part X Plastaz

Hekla, Musique Classique Contemporaine, par Jón Leifs

E Ala E, chanson hawaienne par Iz Kamakawiwo'ole

Balada Gunung Api Indonesia, une chanson indonésienne de Pak Depari

Songs of the Volcano, trailer du documentaire musical sur la musique de Rabaul, réalisé par Bob Brozman (Sorti en DVD avec un CD des chansons)

Musiques des Volcans

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Volcanologie, #Recherche, #Lac de lave, #Nyamuragira, #Afrique, #Congo

Environ la moitié de mon emploi du temps de volcanologue est consacré au dévelopement et l'application sur le terrain de la caméra a SO2, un instrument qui permet de mesurer, en 2D et a haute fréquence, le dioxyde de soufre dans les panaches volcaniques. L'autre moitié de mon temps, je le consacre à l'analyse d'images satellites, toujours dans le but de mesurer les émissions de SO2, mais a une échelle plus large. C'est un travail de bureau assez répétitif et relativement peu enthousiasmant, mais les satellites ont un immense avantage: ils ne connaissent pas de frontières, et permettent, sans se déplacer, d'étudier le volcan de son choix aussi difficile ou dangereux d'accès soit il. J'utilise essentiellement les données de deux satellites: OMI et ASTER

OMI est un spectromètre ultraviolet qui mesure le SO2 avec une résolution au sol d'environ 20km, et une fréquence d'une image par jour. C'est le satellites le plus utilisé par mes collègues pour mesurer le SO2, et les images, générées par la NASA, sont disponibles sur de nombreux sites (comme par exemple ici)

ASTER est un radiométre multispectral infrarouge qui mesure le SO2 avec une résolution au sol d'environ 90m et une fréquence d' une image toutes les 2 semaines.

Aujourd'hui, je vous partage une découverte qui m'enchante, et qui j'espère, vous intéressera aussi, collégues, volcanophiles ou simples curieux.

Je travaille depuis quelques années sur les émissions des volcans des Virunga, situés en Afrique centrale, à la frontière très instable entre la République “Dèmocratique” du Congo et le Rwanda (tout aussi démocratique bien entendu).

Cette chaîne de grands volcans quaternaire est édifiée sur la branche occidentale du Rift Est Africain et compte deux volcans trés actifs. Le Niragongo, et le Nyamuragira. Les deux volcans sont distants d'une quinzaine de km et ont un dynamisme éruptif essentiellement effusif, impliquant des magmas très fluides.

Le Niragongo est célèbre pour son lac de lave découvert en 1948 par Haroun Tazieff et exploré par son équipe dans le quart de siècle qui suivit au cours d'expédition hautes en couleurs. En 1977, le lac se vidangea brusquement en sous formes de coulées de lave extrmêment rapides qui firent plusieurs centaines de victime. Le lac de lave s'est reformé en 1982, fut actif par intermittance jusque 2002 et le 17 janvier 2002, se vidangea à nouveau par un réseau de fractures Nord-Sud. Les coulées atteignirent cette fois la ville de Goma, faisant de nouveaux plus d'une centaine de morts, notemment lors de l'explosion d'une station-service atteinte par la lave. Le lac de lave s'est reformé tout au fond du cratère en juin 2002, et est trés actif depuis depuis lors. C'est, en terme de surface et d'activité le plus grand lac de lave du monde. Son niveau a effectué une remontée spectaculaire de 500m en une dizaine d'années. Le Niragongo est un des 10 plus gros émetteurs volcaniques permanent de SO2 au monde.

Le Nyamuragira est un petit peu moins connu. C'est pourtant le volcan le plus actif d'Afrique en terme de production magmatique. Il a abrité dans sa caldeira un lac de lave du début du XXème siècle à 1938,et délivre depuis 1948 en moyenne une éruption tous les deux ans. On parle ici d'éruption intenses accompagnées de fontaines de lave de plusieurs centaines de mètres de hauteur et de coulées de lave qui peuvent parcourir jusque à 20 km en queques jours. Chaque éruption injecte également dans l'atmosphère plusieurs centaines de milliers de tonnes de dioxyde de soufre. Entre deux éruptions, seules quelques paresseuses fumeroles s'exhalent dans sa caldera de 2 km sur 3. De nombreuses preuves, issues de diciplines très différentes (pétrologie, sismologie, interférométrie radar, étude stochastique de la récurrence des éruptions) indiquent qu'une chambre magmatique pressurisée réside a faible profondeur (~3km) sous la caldera du volcan.

La dernière éruption du Nyamuragira s'est produite du 7 novembre 2011 à la mi-mars 2012. Elle a été inhabituellement longue et volumineuse pour ce volcan (200 millions de m3 de lave émise). Peu après la fin de l'éruption, les émissions de SO2 mesurées par OMI (figure 1) ont commencé a augmenter, atteingnat un pic en octobre 2012, et se stabilisant par la suite à un niveau beaucoup plus élevé qu'avant l'éruption.

Les données d'OMI ne permettent pas de déterminer qui du Nyamuragira ou du Niragongo est responsible de cette augmentation des émissions, vu que la distance qui les sépare est inférieure a la taille d'un pixel d'OMI. C'est ici qu'entre en jeu l'analyse des images d'ASTER (figure 2). Sur toutes les images acquises depuis mars 2012 et dépourvues de nuages, on peut observer qu'un panache très concentré en SO2 est émis par le Nyamuragira, et plus précisément par le cartére-puit situé dans la partie N de sa caldeira.Les images ASTER permettent donc d'identifier le Nyamuragira comme le responsable de l'augmentation récente des émissions de SO2 des volcans des Virunga. Les émissions du Nyam sont désormais 3 a 10 fois plus intenses que celles de son voisin qui posséde le plus grand lac de lave du monde...

La seule facon d'expliquer ce dégazage extraordinaire et continu (les images OMI prouvent la continuité), est qu'un lac de lave s'est formé tout on fond du cratère Nord du Nyamuragira. Jusqu'a il y a quelques mois, cette théorie pouvait sembler spéculative, vu l'absence d'anomalie thermiques détectées par les satellites, ou d'incandescence observée par les observateurs locaux. Mais cette absence pouvait s'expliquer par la grande profondeur a laquelle se situe la surface du lac, et par la densité du panache de gaz et d'aerosols que le gaz émettait, qui absorbe tres fort la radiation infrarouge.

Or depuis avril de cette année, des anomalies thermiques isolées ont commencé à apparaître sur le système de détection automatique MODVOLC, et se sont faites de plus en plus fréquentes depuis une semaine (figure 3). Ce que je soupconnais depuis longtemps est mainten pour moi une certitude: la famille assez peu nombreuse (5 ou 6 sur terre) des lacs de lave permanents compte un nouveau membre en très bonne santé.

 

 

Figure 1: Série temporelles d'images mensuelles d'OMI. Les images entourées de rouge délimitent la période d'éruption du volcan. Les émissions de SO2 aprés l'éruption sont bien plus élevées qu'avant l'éruption.

Figure 1: Série temporelles d'images mensuelles d'OMI. Les images entourées de rouge délimitent la période d'éruption du volcan. Les émissions de SO2 aprés l'éruption sont bien plus élevées qu'avant l'éruption.

Images du satellite ASTER. En haut se images visibles (en pseudo-couleurs, La végétation apparait en rouge et les coulées de laves récentes en Noir). En bas les carte de SO2,  obtenues par traitement de l'image infrarouge (la concentration du panache est figurée au moyen d'une échelle de couleur exprimée en gramme par mètres carrés). A gauche, paire d'image acquise en février 2011, avant l'éruption. au centre, paire d'image acquise en juin 2013, montrant un panache très important, et à droite paire d'image acquise en janvier 2014.d'image

Images du satellite ASTER. En haut se images visibles (en pseudo-couleurs, La végétation apparait en rouge et les coulées de laves récentes en Noir). En bas les carte de SO2, obtenues par traitement de l'image infrarouge (la concentration du panache est figurée au moyen d'une échelle de couleur exprimée en gramme par mètres carrés). A gauche, paire d'image acquise en février 2011, avant l'éruption. au centre, paire d'image acquise en juin 2013, montrant un panache très important, et à droite paire d'image acquise en janvier 2014.d'image

Anomalie thermique détectée par MODVOLC le 1/7/2014 (gauche), pile là ou se trouve la source du dégazage,
Anomalie thermique détectée par MODVOLC le 1/7/2014 (gauche), pile là ou se trouve la source du dégazage,

Anomalie thermique détectée par MODVOLC le 1/7/2014 (gauche), pile là ou se trouve la source du dégazage,

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Expéditions, #Volcanologie, #Costa Rica, #Poas, #Ovsicori

Je suis depuis maintenant une semaine au Costa Rica, invité par l’OVSICORI pour participer a des mesures de flux de gaz sur les volcans Poas et Turrialba, et à des expériences de corrélations de ces mesures avec des données sismiques. J’étais déjà venu dans ce pays en 2010, pour tester la caméra à SO2 que je développais dans le cadre de ma thèse. Et tout comme il y a quatre ans, je suis enchanté par mon séjour dans ce pays. L’équipe de l’OVSICORI m’a accueilli de façon tout a fait charmante. C’est un groupe très dynamique, multidisciplinaire et compétent, certainement un des meilleurs d’Amérique latine. Il y a Maria, la géochimiste spécialiste des lacs de cratères à l’enthousiasme intarissable, son compagnon Javier, sismologue réfléchi parfois taciturne et qui conduit son 4x4 comme dans un rallye automobile, Geoffroy, volcanologue français, baroudeur calme et plein d’humour, et Maarten, mercenaire sud-africain compétent et chaleureux. Tous sont d’authentiques volcanologues de terrain passionnés par leur métier. Ce séjour est vraiment très enrichissant pour nous tous. C’est l’occasion de découvrir des techniques nouvelles (la caméra à SO2 pour eux, les analyseurs de gaz portatifs pour moi) de partager des informations, d’échanger des expériences ou des idées, de discuter de problèmes liés à telle ou telle méthode.

Cette semaine, nous nous sommes surtout concentrés sur le Poas. Ce stratovolcan aux pentes douces possède le lac de cratère le plus actif du monde, surpassant même en pH et en acidité celui du célèbre Kawah Ijen, que j’ai eu aussi la chance de voir et d’étudier. Comme son « cousin indonésien » le Poas possède en bordure du lac, une zone de fumerolles à très haute température (Geoffroy y a mesuré plus de 700° il y a quelques semaines). Le lac du Poas, niché au fond d’un complexe de cratères emboîtés, est tellement concentré et chaud qu’il émet du SO2 par diffusion a travers sa surface. Plusieurs fois par jour des éruptions phréatiques, la plupart du temps très petites, viennent crever sa surface en bouillonnements inquiétants. Tout au long de ces 5 journées de mesures panache du Poas s’est avéré très difficile à mesurer avec la caméra à SO2. Les jours où le vent est fort il flue au ras du sol dans la profonde vallée qui draine le lac vers l’ouest, tandis que les jours ou le vent est calme, il s’étale paresseusement, remplissant parfois tout le cratère et débordant largement du champ de vision de la caméra. Le panache est aussi la plupart du temps très riche en aérosol d’acide sulfurique, qui empêche une bonne pénétration de la lumière ultraviolette et peut fausser les mesures. Pour couronner le tout, l’atmosphère tropicale dans laquelle baigne le volcan s’ennuage assez tôt dans la journée, ce qui ne laisse que quelques heures par jour pour (essayer de) faire des bonnes mesures. Malgré toutes ces difficultés j’ai pu réaliser quelques bonnes mesures de flux de SO2 et de vitesse du vent avec la caméra, pendant que Maarten mesurait le flux de SO2 en marchant sous le panache avec un DOAS et que Geoffroy et deux Siciliens de l’université de Palerme mesurait la composition du panache avec leurs détecteurs Multigas.

Hier je suis descendu jusqu’au fond du lac, pour accompagner deux biologistes qui voulaient faire des prélèvements d’eau et de sédiments du lac, à la recherche de bactéries extrémophiles, qui pourraient vivre dans ce milieu hostile. J’en ai profité pour observer de plus près les fumerolles, dont certaines émettent de petites coulées de soufre liquide. Pour limiter les risques nous ne sommes restés qu’une heure au fond, équipés bien entendus de masques a gaz et de casques.

Demain nous changeons de site, et nous partons pour le Turrialba, ou j'essaierai, presque quatre ans jours pour jour apres ma premiere tentative infructueuse, d'obtenir des mesures à la caméra UV simultanées à l'acquisition d'une image par le satellite ASTER.

Mesure à la caméra au Poas (photo Maria Martinez)

Mesure à la caméra au Poas (photo Maria Martinez)

Deux perspectives du lac et les cratères emboîtés du Poas
Deux perspectives du lac et les cratères emboîtés du Poas

Deux perspectives du lac et les cratères emboîtés du Poas

Au premier plan, Maarten, en train de mesurer le panache au DOAS, donne l'échelle

Au premier plan, Maarten, en train de mesurer le panache au DOAS, donne l'échelle

Evaporation intense à la surface du lac. La couleur grise est due à la grande quantité de sédiments en suspension. C'est une caractéristique typique des lacs hautement actifs, dont les mouvements de concvection intenses rmobilisent en permanence les sédiments du fond.

Evaporation intense à la surface du lac. La couleur grise est due à la grande quantité de sédiments en suspension. C'est une caractéristique typique des lacs hautement actifs, dont les mouvements de concvection intenses rmobilisent en permanence les sédiments du fond.

Progression au bord du lac, en direction des fumerolles

Progression au bord du lac, en direction des fumerolles

Surprenantes stalacmites de soufre a la sortie d'une fumerolle a haute tempérenture

Surprenantes stalacmites de soufre a la sortie d'une fumerolle a haute tempérenture

"coulées" de soufre fondu. Le soufre est beaucoup plus visqueux que celui du Kawah Ijen, parce qu'il est beaucoup plus chaud. Le comportememnt rhéologique du soufre en fonction de sa température est est hautement non linéaire

"coulées" de soufre fondu. Le soufre est beaucoup plus visqueux que celui du Kawah Ijen, parce qu'il est beaucoup plus chaud. Le comportememnt rhéologique du soufre en fonction de sa température est est hautement non linéaire

Un autre cratére du volcan, abrite un lac, d'apparence beaucoup plus tranquile

Un autre cratére du volcan, abrite un lac, d'apparence beaucoup plus tranquile

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Publié le par Robin Campion
Publié dans : #Volcanologie, #Popocatépetl, #Mesures, #Caméra à SO2, #Explosions Vulcaniennes

Je suis depuis quelques jours en campagne autour du Popocatépetl avec Toshiya Mori, l'inventeur de la caméra a SO2 et son étudiant. L'atmosphere assez brumeuse et le vent trés faible et inconstant rendent parfois les mesures imprécise, mais le volcan semble rentrer dans une nouvelle phase d'activité. Aujourd'hui (21 février), deux explosions vulcaniennes se sont produites pendant nos mesures. La premiére a éjecté des blocs sur le flanc Est jusqu'a a environ 800m du cratere. Nous avons pu clairement observer une diminution des émissions de SO2, pendant environ une heure, avant que les explosions ne surviennent. En raison de l'opacité du panache trés cendreux des explosions, nous n avons pas pu mesurer la quantité de gaz qu'elles ont émis. Apres les explosions, les émissions reprenaient intensité habituelle (5000T/j) et leur caractére pulsant. (Note aux lecteurs: Ce post a été rédigé "a chaud" sur un clavier sans accent, je m'excuse donc d'avance pour les fautes d'orthographe")

Explosion Vulcanienne, en quelques dizaines de secondes, le panache atteint pres de 3000m au dessus du volcan

Explosion Vulcanienne, en quelques dizaines de secondes, le panache atteint pres de 3000m au dessus du volcan

Collectes des cendres sur le toit de la voiture

Collectes des cendres sur le toit de la voiture

Nos instruments tentent (sans succes) de mesurer a travers le panache de la seconde explosion

Nos instruments tentent (sans succes) de mesurer a travers le panache de la seconde explosion

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